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Opération Epervier: l’Etat ne lâchera rien

Ce qu’il faut retenir de l’échange entre le Mincom et la presse, notamment au sujet des précisions sur les questions de procédure, les prétendues pressions de l’Exécutif sur la Justice, l’éventualité du rapatriement de sommes détournées, etc.

• La conduite de l’opération

« Rien n’est laissé au hasard. » Pour le ministre de la Communication, l’impulsion donnée par le sommet de l’Etat dans la lutte contre la corruption n’est pas près de s’estomper. Bien au contraire. En ce moment, affirme Issa Tchiroma Bakary, au niveau de l’Exécutif, « il y a des dossiers ». Le combat contre les prédateurs de la fortune publique ne date d’ailleurs pas de ces dernières années, a relevé le Mincom, rappelant que dès son accession à la magistrature suprême, le président Biya avait prôné rigueur et moralisation. La procédure est respectée, assure le Mincom, qui déplore les écarts ayant pu se produire, notamment lors de l’arrestation de tiers. Tout le monde a le droit à la protection de sa dignité et bénéficie de la présomption d’innocence, a-t-il rappelé.

• Des pressions sur la Justice

La Justice est jalouse de son pouvoir et de ses prérogatives, a en substance déclaré le Mincom sur ce point. C’est donc par la négative qu’il a répondu à la question portant sur d’éventuelles pressions que l’Exécutif exercerait sur la Justice, relativement au traitement de certains dossiers. « C’est un procès d’intention. Protéger la fortune publique est un devoir sacerdotal pour tous », a dit le Mincom. Le gouvernement, par le canal du parquet, peut initier des affaires, mais dès lors que la phase de l’information est terminée, « la balle se retrouve du côté de la Justice », sphère dans laquelle, réitère le ministre de la Communication, le gouvernement ne se permet « pas d’immixtion ». Et la Justice a, par ailleurs, indiqué Issa Tchiroma, suit des procédures et « a son rythme ».

• Quid des fugitifs ?

C’est connu, un député en fonction, ancien ministre de son état, a récemment quitté le pays. Il craignait, semble-t-il, d’être interpellé. « Les frontières ne sont pas étanches », a regretté le Mincom, tout en ajoutant que ce cas « a été l’exception. » Aujourd’hui, garantit-il, le filet s’est resserré. « Tous ceux sur qui pend l’Epée de Damoclès font l’objet d’une attention particulière. De jour comme de nuit », a-t-il affirmé. Pour le cas du député sus-évoqué, poursuivra le Mincom, « il y a des possibilités. On peut lancer un mandat d’arrêt international » afin de le faire revenir au pays…

• Rapatriement des fonds

L’opération est possible. Mais, a d’emblée souligné le Mincom, « ça va prendre du temps. » Cela dit, il y a bon espoir. Nombre de missions diplomatiques et de pays amis sont disposés à aider le Cameroun à « localiser » les lieux où des sommes détournées par des compatriotes ont pu être planquées à l’étranger. A un stade du processus, a expliqué l’orateur, il faudra que l’Assemblée nationale vote une loi habilitant le président de la République à poursuivre l’opération. Le journaliste souhaitant avoir une idée de la totalité des deniers publics ainsi détournés n’a pas été satisfait. Le Mincom n’a pas ce chiffre pour l’instant, et quand il l’aura, il le divulguera seulement après avoir obtenu l’autorisation de le faire.

• Rembourser et sortir

Selon diverses informations qu’il a reçues, le gouvernement s’est bâti une conviction : les Camerounais préfèrent que l’argent détourné soit remboursé au lieu de voir des gens en prison. Rappel du Mincom, le code pénal autorise ce genre de « transaction » entre le juge et le prévenu. « C’est possible de négocier, relève Issa Tchiroma Bakary. Parmi les prévenus, s’il y en a qui sont prêts à rembourser, ils sont les bienvenus », a poursuivi le Mincom. Cette démarche entraîne « l’extinction des poursuites». « La liberté est possible », a-t-il ajouté.

• L’Article 66, toujours

Issa Tchiroma a été le premier à en parler au cours du point de presse d’hier. Des journalistes ont saisi la balle au bond pour demander à quand son entrée en vigueur effective. Il n’y a pas encore de décret d’application mais, d’après M. Tchiroma Bakary, « l’objectif poursuivi » par cette disposition constitutionnelle, à savoir la protection de la fortune publique, est en train d’être atteint par la campagne anticorruption. Les gestionnaires du bien public faisant preuve d’ostentation, d’étalage, savent désormais à quoi ils s’exposent.

• Trop de structures contre la corruption ?

Ce n’est pas l’avis du Mincom. « Il n’y a pas pléthore. La lutte contre la corruption est extrêmement âpre », va-t-il déclarer. D’après Issa Tchiroma Bakary, « pour l’instant, il y a ce qu’il faut. » D’ailleurs, ajoutera l’orateur, de nouvelles structures de lutte contre la corruption peuvent même être créées, si elles permettent d’accélérer le rythme contre le fléau. « Toutes ces institutions ont leur cahier de charges. Chacune a sa raison d’être. Il n’y a pas d’empiètement de compétences ». En d’autres termes, le Contrôle supérieur de l’Etat, la Conac, l’Anif, l’Armp etc. jouent respectivement leur rôle dans cette opération qui, a souligné le Mincom, n’est pas à tête chercheuse.

Cameroon Tribune

1 Response for “Opération Epervier: l’Etat ne lâchera rien”

  1. United States Daniel from Virginia, United States says:

    La vrai lutte doit integrer des mesures fiables, sures et rigoureuses de prevention. Seule le vaccin peu eradiquer une maladie et non les medicaments curatifs. Cela dire arreter c’est bon, mais mettre en place des mesures efficaces de controle des depenses publiques c’est mieux.

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