Le Collège Lhyssouck détruit
Cet établissement privé créé en 1954 au quartier Elig-Effa a été rasé par les engins de la Communauté urbaine.
L’espace vide laissé par le Collège Lhyssouck, devenu Collège de La Rénovation depuis 1992, donne lieu à un mini marché. Planches, pierres, clous et vis de ce qui, il y a deux jours, était encore un établissement privé, sont vendus aux plus offrants. La Communauté urbaine de Yaoundé a commencé des « casses » au quartier Elig-Effa depuis quelques semaines. Le collège n’a pas été épargné. Des copies d’élèves et des papiers administratifs se confondent dans les débris. Les propriétaires, fils du fondateur Edouard Lhyssouck, n’ont pas terminé leur déménagement et ont été surpris par les bulldozers.
Aux abois devant les restes du collège baignant dans les eaux du marécage, ils parlent déjà de porter plainte contre la Communauté urbaine. « En tant qu’ayant-droit, je compte entamer une procédure d’indemnisation et de recasement, car nous avons été injustement démolis », déclare François Mandeng, un des héritiers du fondateur. En avril 2008, la Communauté urbaine peint le symbole AD, « A Démolir», sur les murs de l’établissement à titre d’avertissement. « A cause de ça, l’école a perdu toute crédibilité. Les parents ont commencé à se méfier », ajoute le propriétaire. Il n’aura cependant pas à gérer des parents en colère, car pour cette année scolaire, aucune inscription n’a été enregistrée, tant la rumeur de démolition circulait dans le quartier. Alors les héritiers ont commencé à déménager.
Selon la Communauté urbaine, la décision de casser ce collège a été prise après le constat de sa situation en zone marécageuse. Un avertissement lancé aux propriétaires. Difficile de dire à quel moment les fondations du bâtiment vieux de 56 ans, fragilisées par l’humidité, auraient cédé. «Cela devenait une véritable bombe à retardement pour les enfants et le personnel de l’établissement, qui a souvent été victime d’inondations », témoigne un habitant du quartier. Mais pour les propriétaires, «il est également question d’une récupération des terrains de l’Etat. Cette raison a aussi été avancée », explique François Mandeng. Pour leur plainte, les propriétaires comptent présenter une ultime preuve, le titre foncier du terrain au nom de M. Lhyssouck Edouard, le fondateur.
Cameroon Tribune
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