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Cameroun: Retour au fédéralisme ? [+audio]

Les leaders syndicaux et activistes de la société civile ne décolèrent pas après que leurs contestations ont été réprimées en janvier dernier. Ils souhaitent un Etat fédéral pour mettre fin à la crise.

Au Cameroun, trois leaders syndicaux arrêtés en marge des manifestations de janvier dernier dans les villes anglophones sont toujours sous les verrous. Les  crispations des anglophones reste palpable. Le procès de trois de leurs compagnons de luttes a été reporté au 23 mars pour permettre au ministère public de présenter la liste de ses témoins.

Donc pour l’instant l’avocat Agbor Balla, le professeur Fontem Neba et l’animateur de radio Mancho Bibisi, arrêtés dans la foulée des contestations de janvier dernier, sont toujours derrière les barreaux, en dépit des demandes de libération formulées par leurs collègues.

Selon Wilfred Tassang, activiste de la société civile au Cameroun, “ Le gouvernement de Yaoundé a déclaré la guerre à notre peuple. Et nous lui devons faire savoir que, dans l’histoire, aucune autorité n’a jamais gagné aucune guerre contre son propre peuple. L’indifférence exprimée par Yaoundé par rapport aux revendications des syndicats et associations de magistrats et d’enseignants depuis le 20 octobre dernier, la brutalité, les assassinats, les arrestations et intimidations, tout cela nous pousse à réexaminer le bien-fondé du fédéralisme. “

La partie anglophone souhaiterait un Etat fédéral

Les Camerounais ont déjà fait l’expérience du fédéralisme dans les années 1960. Mais ensuite, les anglophones espèrent ainsi bénéficier des mêmes droits sociaux au même titre que leurs compatriotes francophones. C’est ce qu’explique le politologue Issa Saibou:

“D’un côté les magistrats et de l’autre les enseignants, ont revendiqué que leur spécificité anglophone soit davantage prise en compte dans l’exécution du système judiciaire et éducatif au niveau du pays. D’aucun ont appelé cela sécessionnisme, à savoir que ce sera un point de départ d’une évolution cers la cxreátion d’un Etat à part entière…”

Et selon le rapport de 2015 du PNUD sur l’indice du développement humain, le Cameroun est classé 153 ème pays parmi les 183. Avec un taux de chômage croissant avoisinant les 70% . Ce qui, toujours selon le politologue Issa Saibou, peut expliquer le mécontentement des Camerounais en général,  même si les chiffres officiels publiés par les autorités ne font état, eux, que de moins de 5 % de chômeurs dans tous le pays.

DW

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