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Cameroun: un journaliste accusé d’espionnage violenté chez un ministre déchu [+vidéo]

Le360 Afrique | Caristan Isseri, journaliste au quotidien privé «Le Jour», s’est rendu au domicile du ministre des Transports sortant, Edgar Alain Mebe Ngo’o à Yaoundé, pour un reportage. Résultat: il a été torturé, menacé à l’aide d’un pistolet et enfermé dans une niche pour chien. Récit.

 
Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC) a publié un communiqué ce 4 mars 2018 pour condamner et dénoncer l’atteinte à l’intégrité physique du journaliste Caristan Isseri alors qu’il se trouvait en «situation professionnelle».

La veille, ce jeune reporter en service au quotidien privé Le Jour, avait été molesté par des proches d’Edgar Alain Mebe Ngo’o, ministre sortant des Transports. Présenté comme un des barons du régime au pouvoir, voire comme un potentiel successeur du président Paul Biya par des médias nationaux et internationaux, il a été évincé du gouvernement à la suite du remaniement ministériel opéré vendredi 2 mars par le chef de l’Etat camerounais.
 

Le samedi 3 mars 2018, dans le cadre de la couverture médiatique de ce réaménagement ministériel survenu la veille, Caristan Isseri a été chargé par son journal d’un reportage au domicile dudit ministre. «Au cours de sa collecte d’information dans le voisinage de l’ex-ministre, il a été appelé par des gardes qui lui ont ouvert le portail d’entrée.

Dès la guérite, notre collègue a subi un interrogatoire musclé sur les raisons de sa présence. De 18h30 à 21h, il a été séquestré, molesté, torturé et jeté dans une des niches pour chien où il a été enfermé, avant de se voir aspergé d’eau par un tuyau», s’indigne un communiqué du personnel du quotidien Le Jour. Dans une adresse signée de son président, Denis Kwebo, le SNJC indique qu’il faudrait engager la responsabilité personnelle de Mebe Ngo’o et ses proches «qui brillent par une utilisation ostentatoire de la violence armée contre la presse».

L’ancien ministre ne s’est pas personnellement exprimé sur le sujet. Cependant, dans son entourage, on avance la thèse de la violation du domicile ministériel par le reporter, voire «d’espionnage». Le journaliste ayant relevé les immatriculations des véhicules entrant et sortant de la résidence ou pris des notes décrivant les lieux. Sur une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, on peut voir un interrogatoire de Caristan Isseri, probablement mené par des agents de sécurité du ministre sortant, où le reporter semble avouer des erreurs.

«Les forces de sécurité avaient pris la peine de lui dicter ce qu’il devait dire. Il avait de la peine à dire exactement ce qu’ils voulaient. Il y a un détail important qu’on ne voit pas sur la vidéo: c’est qu’il avait un pistolet pointé sur lui. On voit bien qu’il est apeuré», affirme Yannick Assongmo Necdem, journaliste et délégué du personnel au quotidien Le Jour, qui s’est exprimé sur ce sujet, ce lundi, sur la BBC.

Après une hospitalisation au Centre national des urgences de Yaoundé, le journaliste Caristan Isseri a regagné son domicile. Dans ce climat de remaniement ministériel ayant fait des heureux, mais aussi des déçus, le SNJC envisage de saisir le chef de l’Etat camerounais. Le syndicat conseille à ses membres de ne pas se mettre en danger, en se rapprochant de certains hauts dignitaires frappés de disgrâce.

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3 comments

  1. As much as this ministers are corrupt or whatever, I do not see any journalism where you go to someone’s house copy personal information. Why do you need the number plates of the cars, the time people leave and get back home. The names of the people living in the house and that of his kids. If you want to interview the guy ask permission. If you are granted then fine, if not you do not go to his house. Government buildings can be public places and you can get in and out. A private house is not where you go sneaking to get information. This guy could have been killed and stories made that he was a thief. Journalists should be tactful and though I do not agree that he should be molested, you should understand current tensions and avoid snooping which can be deadly.

    • Épée Dipanda

      The piece which says the security guards invited the journalist to enter and opened the gate for him may have been lost on you.
      As for picking all sorts of information to be able to build a story that’s a basic narrative approach. The unnecessary stuff is abandoned later but the entire gammon must be picked to build a story.
      As usual ignorant ministers, seeing themselves as demigods abuse the rights of people they are supposed to serve.
      I hope they can sue the minister in that lawless system.

  2. This is just investigative journalist. This minister is well known for embezzlement of public funds, like what he did with money allocated to rehabilitate Douala airport. It not by chance that he is out there and his passport confiscated. He is being waited at kondegui.