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Mali ou Cameroun ? La vraie histoire des photos virales d’un soldat-professeur

FRANCE 24 | Depuis le début de la semaine, des photos d’un soldat faisant cours à des élèves dans une école rurale circulent abondamment sur plusieurs groupes Facebook. Les internautes situent la scène tantôt au Cameroun, tantôt au Mali, dans des régions qui connaissent une forte insécurité, et où les enseignants ont parfois dû fuir les jihadistes. La rédaction des Observateurs de France 24 a retrouvé l’origine de ces photos et l’histoire qui va avec.

Les images sont marquantes : on voit un soldat en treillis militaire, casquette sur la tête et craies à la main, donner cours à une quarantaine d’enfants d’âges très différents.

Des photos attendrissantes qui, rapidement, ont provoqué des revendications venant d’horizons très différents : d’abord d’internautes camerounais, affirmant que la scène se passait dans le Nord de leur pays, dans une région où les attaques de Boko Haram empêchent les professeurs d’enseigner ce qu’ils considèrent comme étant “la culture occidentale”.

Exemple d’une des publications sur une page Facebook camerounaise.

Mais d’autres ont ensuite affirmé que la scène se déroulait dans le nord du Mali, dans la région de Gao. Un internaute écrit d’ailleurs : “Bravo aux Famas [forces de sécurité du Mali], Ils sécurisent et enseignent en même temps. Ça se passe dans la commune de Wabaria”. Dans la région, des militaires mais parfois aussi des civils du corps enseignant sont régulièrement la cible de mouvances jihadistes.

Cette publication partagée sur un groupe malien a entrainé plus de 3 500 interactions, et un peu plus de 300 partages.

Toutes publications confondues, ces photos ont eu plus de 10 000 interactions sur Facebook (like, partage et commentaires). Elles ont aussi relayées par des internautes au Burkina Faso, expliquant qu’il fallait “s’inspirer de cet exemple”, sans pour autant préciser où la photo avait été prise.

L’auteur de la photo dévoile l’identité du professeur

France 24 a pu retrouver l’origine de ces clichés : d’abord postée par une journaliste camerounaise, les photos ont en fait été transmises par le directeur de la communication du ministère de la Défense du Cameroun, Didier Badjeck. Il les a prises lui-même jeudi 2 novembre, à Blamé, un village du nord du Cameroun près Maltam, lors d’une mission de fin-octobre à début novembre.

La région est menacée par Boko Haram bien que la situation soit aujourd’hui stabilisée par l’armée camerounaise. La frontière avec le Nigéria a notamment été rouverte début janvier. Selon Amnesty International, les attaques continuent cependant, et le groupe jihadiste aurait tué près de 200 civils dans l’extrême-Nord du Cameroun sur l’année 2016.

Didier Badjeck explique :

L’armée camerounaise a repris le contrôle de la région, mais il y a de très nombreux déplacés qui rechignent à rentrer [de nombreux chefs coutumiers ont notamment été tués par le passé, NDLR].

Pour que les conditions de stabilisation puissent exister, il faut que les services publics fonctionnent. Dans cette perspective, des militaires ont fait des formations dites civiles et obtiennent des diplômes d’école civile. Ils peuvent choisir de suivre une formation de génie civil, d’informatique, d’infographiste…. Celui-ci a choisi d’obtenir un diplôme d’instituteur. Ils le font bénévolement, et ne sont pas payé plus pour cela.

“Il donne cours à environ 100 élèves !”

Il s’appelle Francis Ndjanda. Il est un soldat de 1re classe, et enseigne à l’école publique de Blamé, à Fotokol. Cette école était fermée depuis septembre 2014 à cause de la guerre dans la région. Il enseigne depuis la rentrée scolaire, le 3 septembre, dans la zone. Là-bas, il s’occupe d’environ 100 élèves de classe allant du SIL (Section d’Initiation au Langage) au CEP (Cours Préparatoire) [soit des enfants de 4 à 11 ans environ, NDLR].

Dans le département, du Logone et Chari, il y a un deuxième enseignant-militaire dans l’école de Sagmé. Ce sont des situations qui n’ont pas vocation à durer, et ces soldats laisseront leur place aux professeurs titulaires dès qu’ils seront de retour.

D’autres photos de cette mission ont par ailleurs été publiées par le groupe “Le Cameroun c’est le Cameroun” (LCCLC), montrant d’autres professeurs en train d’enseigner dans la même zone.

Vous voulez en savoir plus sur comment vérifier une image ? N’hésitez pas à consulter notre guide pour mener vos propres enquêtes !

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10 comments

  1. This is a real patriot.
    He needs to be encouraged and support is coming your way Brother.

  2. true patriot

  3. ambazonian from LRC

    He looks more like a boko haram soldier from La republique

    • And you look like a biafrais

    • This guy is there literally putting his life where his mouth is. Fighting Boko Haram, and teaching young Cameroonians. What are you doing? You are online sending other sending other people children to go burn down schools, and beating those who don’t want to listen to your pipe dreams.

    • Try to be appreciative for once shaft man.

  4. I love stories like this. What an inspiration to us all. Blessings to this man.

  5. Original Black Bantu

    From a Panafricanist perspective, there is no difference between a Malian and Cameroonian including Ambazonians. So, saying that the image is from Cameroon and not from Mali is a failed seductive statement. I think the image (with or without its origin) should be circulated around the entire Alkabulen (some people call it Africa) land to motivate the children of Rachel to take positive actions for themselves.

  6. Belle image de l armee !