CAMEROUNONLINE.ORG | Alex Beard, l’ancien directeur de la division négoce pétrolier du géant suisse des matières premières Glencore Plc, a formellement plaidé non coupable devant un tribunal londonien. Il est accusé de complot en vue de verser des pots-de-vin à des agents publics et à des cadres de sociétés pétrolières d’État en Afrique de l’Ouest, notamment au Cameroun.
Comparaisant devant la Southwark Crown Court aux côtés d’Andrew Gibson, l’ancien responsable des opérations pétrolières du groupe, l’homme d’affaires de 59 ans a rejeté deux chefs d’accusation de complot en vue d’effectuer des paiements de corruption. Ce plaidoyer constitue une étape procédurale majeure dans l’enquête criminelle menée depuis plusieurs années par le Serious Fraud Office (SFO) britannique contre d’anciens cadres de l’entreprise.
Les accusations : focus sur le Cameroun
D’après les procureurs du SFO, le système présumé de corruption lié au Cameroun se serait déroulé entre 2007 et 2014. Les charges affirment que des responsables de haut rang ont orchestré des versements illicites destinés à des fonctionnaires gouvernementaux et à des employés d’entreprises publiques — en premier lieu la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH). Ces commissions visaient à obtenir des allocations préférentielles de pétrole brut, des tarifs réduits et un accès prioritaire à des contrats d’État.
Les accusations portées contre Alex Beard couvrent également des actes similaires présumés au Nigeria entre 2010 et 2014. Andrew Gibson, 66 ans, a pour sa part plaidé non coupable de quatre chefs d’accusation de complot de corruption impliquant le Cameroun, le Nigeria et la Côte d’Ivoire, ainsi que d’un chef d’accusation supplémentaire de falsification de documents comptables.
Synthèse de la procédure judiciaire
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Accusés ayant comparu : Alex Beard (ex-directeur du pôle pétrole), Andrew Gibson (ex-directeur des opérations pétrolières)
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Pays concernés par les accusations : Cameroun (2007–2014), Nigeria (2010–2014), Côte d’Ivoire
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Autorité de poursuite : Serious Fraud Office (Royaume-Uni)
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Date d’ouverture du procès : 4 octobre 2027 (Southwark Crown Court, Londres)
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Durée prévisionnelle : Jusqu’à six mois
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Nombre total d’accusés : 6 anciens dirigeants et traders de Glencore
Les enjeux pour le public camerounais
Cette procédure judiciaire au Royaume-Uni intervient après l’accord transactionnel conclu par Glencore en 2022. La multinationale avait alors plaidé coupable pour de multiples infractions de corruption à l’étranger et accepté de s’acquitter de plus de 1,1 milliard de dollars de sanctions financières au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Brésil. Lors de ces audiences antérieures, Glencore avait reconnu que des filiales avaient acheminé des fonds illicites — souvent transportés sous forme d’espèces par vols privés vers l’Afrique de l’Ouest — afin de sécuriser des cargaisons de brut à des conditions avantageuses.
Au Cameroun, ces révélations issues des juridictions britanniques et américaines ont suscité de vifs débats politiques ainsi que des appels de la société civile réclamant l’identification et la poursuite des agents publics locaux ayant perçu ces pots-de-vin. Alors que Glencore a réglé son dossier en tant que personne morale, le procès de Londres mettra directement en cause la responsabilité individuelle des décideurs qui dirigeaient les opérations sur le terrain.
L’ensemble des six prévenus — Beard, Gibson et quatre anciens traders ayant déjà plaidé non coupable — comparaîtront lors d’un procès conjoint à l’automne 2027. En vertu du droit pénal britannique, tous bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’au verdict.
