Dans une interview exclusive et riche en émotions accordée à Passion Foot & Invest, l’ancien milieu de terrain d’Arsenal et du FC Barcelone, Alexandre Song, lève le voile sur son parcours. Bien loin des projecteurs du Camp Nou, c’est à Essos, son quartier d’origine au Cameroun, qu’il nous emmène pour parler héritage, résilience et business.
Voici les leçons de vie et d’investissement à retenir de cet échange authentique.
1. “Essos ne sera jamais Bastos” : Plus qu’un slogan, une philosophie
C’est la phrase qui agite la toile : “Essos ne sera jamais Bastos”. Si Bastos est le quartier chic et diplomatique de Yaoundé, Essos est le quartier populaire où tout a commencé pour Alex.
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L’attachement aux racines : Malgré sa fortune, Song passe la majorité de ses journées à Essos. “Je rentre à Bastos juste pour dormir”, confie-t-il. Pour lui, garder ce lien avec la rue est essentiel pour ne pas oublier d’où il vient.
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Le sens de l’investissement : Alex explique avec lucidité que si son cœur est à Essos, ses investissements immobiliers sont à Bastos pour une question de rentabilité et de plus-value. C’est une leçon de business pur : on investit là où le marché est porteur (ambassades, expatriés), mais on n’oublie jamais de redonner à sa communauté (forages, tournois, soutien aux commerces locaux).
2. L’entrepreneuriat “Cash” : Le lancement de la marque Tchaap
Le terme “Tchakalisation” ou “Tchaap” est devenu une marque de fabrique. Tout a commencé par une simple plaisanterie avec son coéquipier Aurélien Chedjou en sélection, avant de devenir un phénomène mondial.
“Quand j’ai donné la casquette à Léo [Messi] et qu’il l’a portée, puis Neymar… les commandes ont commencé à affluer d’Amérique du Sud.”
Ce succès illustre la force du réseau. Alexandre Song a su utiliser son exposition et ses relations dans le football de haut niveau pour propulser sa marque sans dépenser des millions en publicité, simplement grâce au soutien de ses amis stars.
3. Investir massivement : Pourquoi 13 engins d’un coup ?
L’un des moments forts de l’interview concerne son investissement dans le secteur du BTP et de la logistique. Contrairement au conseil classique de “commencer petit”, Song a frappé fort d’entrée de jeu en achetant 13 engins de chantier.
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Sa stratégie : “L’argent, je l’avais sur le compte. Soit tu l’investis, soit tu le grignotes petit à petit.”
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L’audace : Il admet ne pas maîtriser le secteur au départ, mais il a choisi de prendre un risque calculé plutôt que de laisser son capital dormir. Aujourd’hui, voir son parking vide le matin est sa plus grande fierté : c’est le signe que “ça travaille”.
4. Une enfance forgée dans l’adversité
L’interview prend une tournure poignante lorsqu’Alex évoque son enfance. Orphelin de père à 3 ans, il a grandi avec sa mère et ses trois frères et sœurs dans une chambre unique, dormant sur un tapis au sol.
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Le traumatisme des anniversaires : “C’est le jour que je déteste le plus. Quand on est gamin et que ta mère n’a rien à t’offrir, c’est triste.” Cette douleur a forgé un homme qui a du mal à exprimer sa joie aujourd’hui, mais qui travaille sans relâche pour que ses propres enfants ne connaissent jamais ce manque.
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Le rôle de Rigobert Song : Alex rend un vibrant hommage à son “grand frère” et mentor, Rigobert Song. C’est lui qui lui a offert son premier billet d’avion et l’opportunité de changer de vie. “La vie n’est pas une question de chance, mais d’opportunités à saisir”, rappelle-t-il.
5. Projets futurs : Le Complexe “Five”
Alexandre Song ne compte pas s’arrêter là. Il projette de construire un complexe sportif de Foot à 5 (Five) sur un terrain d’un hectare à Yaoundé. Son objectif est de combler le manque d’infrastructures de loisirs de qualité au Cameroun, s’inspirant de ce qu’il a vu en Europe.
Conclusion
Le parcours d’Alexandre Song est une masterclass de résilience. Du “petit voyou” d’Essos qui n’était pas doué à l’école à l’investisseur aguerri, il prouve que le football peut être un tremplin vers une réussite durable si l’on sait “tchak” le système.
Son conseil final ? “Tant qu’on a la santé et les moyens, il ne faut jamais s’arrêter. Il ne faut jamais se contenter de ce qu’on a.”
