Université catholique d’Afrique centrale à Yaoundé

Au Cameroun, polémique autour de la suspension de la conférence d’une influenceuse à l’université catholique

L’annulation, par le rectorat de l’Université catholique d’Afrique centrale à Yaoundé (Ucac) d’une conférence qui devait être animée par Nathalie Koah, une influenceuse, a suscité une vive polémique au Cameroun.

Nathalie Koah

Urbi & Orbi Africa | Les étudiants de la filière marketing, de la faculté de gestion de l’Université catholique d’Afrique centrale (Ucac) avaient invité l’influenceuse Nathalie Koah pour animer une conférence au sein de cette institution mardi 23 mars.

Nathalie Koah, 34 ans, ancienne hôtesse de l’air, actuellement directrice de communication d’une société de communication s’est fait connaître au Cameroun, comme ayant entretenu une relation extraconjugale de 6 ans avec le célèbre footballeur Samuel Eto’o Fils. La rupture avait été violente et très médiatisée, des photos nues de l’influenceuse ayant filtré dans la presse.

Polémique

L’invitation de l’influenceuse a suscité une polémique sans précédent parmi les étudiants de l’institution catholique. Ses défenseurs et ses pourfendeurs se sont violemment disputés sur les réseaux sociaux. Finalement, le père Jean-Bertrand Salla, recteur de l’Ucac, a suspendu la rencontre et ses organisateurs ont été traduits en conseil de discipline.

« Nathalie Koah est aujourd’hui une femme d’affaires. Elle a décidé de repartir dans sa vie sur des nouvelles bases, après tout ce qu’elle a vécu dans le passé », s’indigne une étudiante, membre du comité d’organisation de la conférence.

Le professeur Claude Abe, sociologue et enseignant à la Faculté des sciences sociales de l’Université catholique d’Afrique centrale, n’est pas du même avis. « Il faut rappeler que l’Ucac a la particularité d’être une université catholique du Vatican implantée au Cameroun. Elle a donc des valeurs qui sont bien connues. Je suis convaincu que l’Ucac a été victime d’une instrumentalisation de cette dame en quête de visibilité ». Pour lui, si les étudiants de cette université catholique sont en quête de modèles, ils peuvent commencer par « écouter Samuel Eto’o Fils dont le parcours est connu ».

Pas très catholique

Cette affaire a révolté nombre de femmes dont Caroline Meva, haut fonctionnaire de l’État camerounais qui a clairement soutenu l’influenceuse. « Nathalie Koah, une jeune femme que l’on ne présente plus, est victime depuis des années d’une cabale injuste, fait-elle remarquer. Une information circule en ce moment sur Facebook, selon laquelle sa rencontre avec les étudiants de l’Université catholique d’Afrique centrale (Ucac) aurait été annulée, à cause de son passé sulfureux ». « Je trouve révoltant, incompréhensible, inadmissible que l’on se fonde sur ce que l’on peut appeler’les erreurs de jeunesse’ de Nathalie Koah, pour la traîner dans la boue et la condamner à vie, ajoute-t-elle. Cette jeune femme n’a commis aucun crime ! Elle n’a assassiné personne ! »
Le père jésuite Ludovic Lado, prend lui aussi la défense de Nathalie Koah, ironisant sur le fait que la jeune femme soit interdite de conférence à l’Ucac parce qu’elle n’est pas « très catholique ».

Explications de l’Ucac

Jean Paul Messina, secrétaire général de l’Ucac, sollicité par La Croix Africa, explicite la position de cette institution. « Il y a trop de bruit dans cette affaire. Mais cela résulte simplement d’une méconnaissance des procédures que nous avons à l’Ucac, tempère-t-il. Dans le cas de cette conférence, le recteur n’avait pas été informé de la venue de Nathalie Koah. Les organisateurs ont pris contact avec elle sans qu’il en soit informé. De plus, les étudiants étaient divisés sur les réseaux sociaux sur sa venue ». Et d’ajouter : « A l’Ucac lorsque nous invitons quelqu’un à venir animer une conférence, nous nous arrangeons pour que toutes les parties prenantes se mettent d’accord ». Pour le professeur Messina, cela ne constitue en aucun cas une condamnation ou jugement de valeur contre Nathalie Koah qui est inconnue des autorités de l’institution catholique.

Jean François Channon Denwo (à Yaoundé)

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