Au Cameroun, une association se mobilise face à la pollution du fleuve Wouri [+vidéo]

FRANCE 24 | Au Cameroun, la pollution des déchets plastiques ne touche plus seulement la terre ferme, mais aussi les rives du fleuve Wouri. Une association, Matanda Écotour, œuvre depuis deux ans pour libérer le fleuve de ces déchets qui sont ensuite acheminés vers l’une des rares usines de recyclage du pays.

Six millions de tonnes de déchets sont produits tous les ans par le Cameroun, dont 600 000 tonnes de déchets plastiques. Des déchets très souvent non biodégradables qui polluent l’environnement.

Aujourd’hui, cette pollution ne touche plus seulement la terre ferme, mais aussi les rives du fleuve Wouri à Douala, l’un des fleuves les plus pollués en Afrique après le Nil et le Niger.

Afin de remédier à la situation, l’association Matanda Écotour, qui signifie “les amis de la mangrove”, s’est engagée depuis deux ans à débarrasser le fleuve Wouri des déchets plastiques. Jusqu’ici, plus de 12 400 kg de déchets plastiques ont ainsi pu être collectés.

“Si nous ne faisons rien, la mangrove va disparaître”

Sur les eaux du fleuve Wouri, qui irrigue la ville de Douala, François, un jeune militant écologiste, est venu collecter les déchets plastiques. Sur ces berges, ils se comptent par dizaines de milliers. Une menace grandissante pour la biodiversité de cette mangrove. Comme pour tout ceux qui vivent grâce au fleuve.

“La quantité des poissons est obligée de diminuer à cause des déchets plastiques qui inondent le fleuve qui asphyxie la mangrove”, explique François Dikoume, président de l’association Matanda Écotour. “Si nous ne faisons rien aujourd’hui, la mangrove va disparaître, les poissons vont disparaître et si ces deux éléments disparaissent, c’est le fleuve qui meurt.”

Pour tenter d’éviter la catastrophe, il a donc donné rendez-vous à son équipe quelques kilomètres plus loin dans ce quartier de Douala.

Seuls 20 % de ces déchets sont recyclés

Ici, les bouteilles, sacs et autres déchets plastiques ont fini par recouvrir le sol. Face à l’urgence, l’association de François Dikoume mène des actions de collecte préventive à travers la ville. Pour éviter que cette pollution terrestre ne se déverse dans le lit du fleuve Wouri. “Il y a une étroite collaboration entre la terre et le fleuve”, dit-il. “La somme des déchets que la terre produit échoue forcément dans le fleuve. Si rien n’est fait dans les quartiers, le plastique va continuer à aller vers le fleuve. ”

En à peine cinq mois, François et son équipe ont réussi à collecter plus de 12 000 kg de déchets plastiques. Des déchets qui prennent ensuite la direction de l’une des rares usines de recyclage que compte le Cameroun.

Dans cet ateliers, ils sont transformés en flocons pour entrer dans la composition d’autres produits plastiques. Au total, 3 000 tonnes de plastiques sont ainsi recyclées par Roblain et ses équipes. Un chiffre encourageant pour endiguer la pollution, selon le directeur de l’usine.

“Ça ne sert à rien de juste collecter les déchets”, affirme Roblain, le PDG de NAMé-Recycling. “Il faut aussi qu’il y ait derrière toute une chaîne de création de valeur pour pouvoir générer un produit dont la plus-value pourrait compenser.”

Chaque année, 600 000 tonnes de déchets plastiques sont produit au Cameron. Un record en Afrique Centrale. Mais pour l’instant, seuls 20 % de ces déchets sont recyclés.

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