CAMEROONONLINE.ORG | Le Cameroun et l’Indonésie renforcent leur coopération économique à travers un projet industriel de 15 millions de dollars, soit environ 8,5 milliards de FCFA, destiné à la transformation du manioc. Cette initiative pourrait contribuer au développement de l’agro-industrie camerounaise, à la valorisation de la production agricole locale et au transfert de technologies.
Un partenariat industriel de 15 millions de dollars
Selon une information rapportée par le média indonésien Jakarta Globe, l’Indonésie prévoit de participer à la construction d’une usine de transformation du manioc au Cameroun, dans le cadre d’un partenariat entre des entreprises des deux pays.
Ce projet, évalué à 15 millions de dollars américains, résulte d’un protocole d’accord conclu lors du salon international Trade Expo Indonesia 2025.
L’entreprise indonésienne PT Asindo Tech, spécialisée dans l’ingénierie et la construction d’installations industrielles, s’est associée à la société camerounaise Nego-Titans PLC pour développer des infrastructures destinées à transformer le manioc, notamment en amidon de tapioca.
L’objectif est de permettre au Cameroun de développer ses capacités de transformation industrielle d’une matière première agricole largement cultivée et consommée sur son territoire.
Le manioc, une ressource agricole à fort potentiel
Le manioc occupe une place importante dans l’alimentation des Camerounais. Il entre dans la préparation de nombreux produits traditionnels, notamment le bâton de manioc, le gari, le water fufu et diverses préparations à base de farine.
Malgré son importance économique et alimentaire, une grande partie de la production nationale reste commercialisée sous forme brute ou transformée de manière artisanale.
La création de nouvelles unités industrielles pourrait permettre de développer la production d’amidon et de farine de tapioca, des matières premières utilisées dans plusieurs secteurs, notamment l’industrie alimentaire.
Cette évolution offrirait également aux producteurs locaux la possibilité d’accéder à de nouveaux débouchés commerciaux.
Un transfert de technologies entre l’Indonésie et le Cameroun
L’un des principaux objectifs de cette coopération est le transfert de connaissances et de technologies industrielles.
S’exprimant à Jakarta le 13 octobre 2026, l’ambassadeur d’Indonésie au Cameroun, Agung Cahaya Sumirat, a souligné l’intérêt des autorités camerounaises pour l’expertise indonésienne dans la transformation du manioc.
L’Indonésie dispose en effet d’une expérience dans l’exploitation industrielle de cette culture, notamment pour la production d’amidon.
Selon les informations communiquées par le diplomate, le projet devrait mobiliser des équipements, des compétences techniques et des ressources humaines provenant d’Indonésie.
Pour le Cameroun, l’enjeu sera de faire en sorte que cette coopération favorise également la formation de techniciens locaux et le développement d’un savoir-faire industriel durable.
Un terrain de 4 000 hectares envisagé pour accompagner le projet
Les autorités camerounaises auraient également manifesté leur volonté de soutenir le projet en mettant à disposition une superficie pouvant atteindre 4 000 hectares.
Cette information, rapportée par plusieurs médias indonésiens, fait suite à des échanges entre l’ambassadeur d’Indonésie et les responsables camerounais chargés de l’économie.
Une telle superficie pourrait permettre de sécuriser une partie de l’approvisionnement en manioc nécessaire au fonctionnement de l’usine.
Toutefois, les modalités précises d’utilisation de ces terres, leur localisation et les conditions d’exploitation restent à clarifier.
Une mise en œuvre envisagée sur deux à trois ans
D’après les déclarations de l’ambassadeur indonésien, le projet pourrait se concrétiser dans un délai de deux à trois ans.
Il demeure cependant au stade de développement et de planification. Le montant annoncé de 15 millions de dollars correspond à la valeur de l’accord industriel, et non à la confirmation que l’ensemble des fonds a déjà été décaissé.
Plusieurs étapes devront encore être franchies, notamment la finalisation du financement, la préparation du site, l’installation des équipements et l’organisation de la chaîne d’approvisionnement.
Quelles retombées pour l’économie camerounaise ?
Au-delà de la construction d’une usine, cette coopération pourrait représenter une opportunité pour l’agriculture camerounaise.
La transformation locale du manioc permettrait notamment de réduire certaines pertes après récolte, d’accroître la valeur commerciale des produits agricoles et de créer des débouchés pour les exploitants.
Le projet pourrait également favoriser la création d’emplois dans la production agricole, le transport, la maintenance et les activités industrielles.
Cependant, ses retombées dépendront largement de la place effectivement accordée aux agriculteurs, aux travailleurs et aux entreprises camerounaises dans la chaîne de production.
Le véritable défi sera de transformer cet investissement étranger en une capacité industrielle durable, au bénéfice de l’économie locale.
Pour un pays qui cherche à développer la transformation de ses matières premières agricoles, ce partenariat avec l’Indonésie constitue une initiative prometteuse. Sa réussite dépendra toutefois du passage des accords annoncés à des réalisations concrètes.
Sources : Jakarta Globe, avec des informations complémentaires de l’agence de presse indonésienne ANTARA, octobre 2026.
