CamerounOnline.ORG | Le paysage politique camerounais est en train de vivre un tournant majeur qui suscite de vives inquiétudes quant à l’avenir démocratique du pays.
Selon un rapport récent du journal britannique The Guardian, l’entourage de Paul Biya — qui, à 93 ans, est le plus vieux chef d’État en exercice au monde — orchestre discrètement une réécriture des règles constitutionnelles. L’objectif ? Mettre en place un système dynastique pour transférer le pouvoir à un membre de sa propre famille.
Une révision constitutionnelle sur mesure
Pendant plus de quatre décennies de règne, Paul Biya s’était passé de vice-président. Pourtant, le Parlement a voté une modification de la Constitution afin de réintroduire ce rôle clé. Les modalités de cette réforme interpellent :
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Un poste nommé, pas élu : Le vice-président sera directement choisi par le chef de l’État, court-circuitant ainsi le choix des électeurs.
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Une transition automatique : En cas de décès ou d’incapacité du président, le vice-président assumera le pouvoir jusqu’au terme du mandat de sept ans, évitant l’organisation d’élections anticipées.
Pour l’opposant politique Maurice Kamto, interrogé dans le rapport du Guardian, cette manœuvre s’apparente à un véritable « hold-up institutionnel » visant à instaurer une forme de monarchie républicaine.
L’affrontement des « deux Franck »
Le cœur du rapport du Guardian met en lumière la bataille invisible qui se joue dans les couloirs du palais présidentiel de Yaoundé. Deux figures de l’ombre émergent comme les successeurs potentiels les plus probables pour ce poste de vice-président :
| Candidat potentiel | Statut familial | Profil et ancrage politique |
| Franck Biya | Fils aîné du président | Longtemps resté discret, il a récemment officialisé son adhésion au parti au pouvoir (le RDPC) et dispose du soutien de cadres influents comme le ministre des Finances, Louis-Paul Motazé. |
| Franck Hertz | Fils de la première dame, Chantal Biya | Homme d’affaires siégeant au conseil d’administration de l’entreprise énergétique Tradex. Très proche de sa mère (souvent surnommée « Madame la Présidente »), il s’affiche de plus en plus lors des voyages officiels à l’étranger. |
Le saviez-vous ? Aucun de ces deux successeurs pressentis n’a jamais exercé le moindre mandat public ou fonction officielle au sein de l’appareil d’État, vivant jusqu’ici largement en dehors des projecteurs.
Une gouvernance dans l’impasse
Alors que le président multiplie les absences prolongées de la scène publique, l’incertitude plane. En coulisses, la guerre des clans fait rage entre les fidèles de la première dame — menés par le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh — et les partisans de Franck Biya.
Pendant que les élites s’affrontent pour le contrôle de la future vice-présidence, la gouvernance du Cameroun semble paralysée, laissant une population majoritairement jeune face à un avenir politique de plus en plus verrouillé.
