CAMEROUNONLINE.ORG | Un grave effondrement survenu dans une mine d’or située près de la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine a fait des dizaines de morts, tandis que plusieurs autres mineurs seraient encore piégés sous terre. Ce nouveau drame remet en lumière les risques extrêmes auxquels sont exposés les travailleurs des sites miniers artisanaux en Afrique centrale.
L’accident s’est produit aux environs de 15 heures, heure locale, le mardi 18 août 2026, dans le village de Zamboye, selon des témoignages et des informations relayées par les médias locaux. Les opérations de secours se poursuivaient afin de retrouver d’éventuels survivants encore coincés sous les décombres.
Un bilan encore incertain
Dans les heures ayant suivi la catastrophe, les informations disponibles faisaient état de bilans très différents.
Aucun chiffre officiel définitif n’avait encore été communiqué par les autorités. Certains reportages évoquaient environ 50 morts, tandis que d’autres médias camerounais et centrafricains cités par Xinhua faisaient état de plus de 100 personnes redoutées mortes.
Cet écart important illustre la difficulté à obtenir rapidement des informations fiables dans des zones minières éloignées, particulièrement lorsque les opérations de recherche et de sauvetage sont toujours en cours.
Une chose demeure toutefois certaine : des dizaines de personnes ont perdu la vie et plusieurs mineurs pourraient encore se trouver sous les gravats.
Un danger récurrent dans les zones aurifères du Cameroun
La catastrophe de Zamboye n’est malheureusement pas un cas isolé.
Les communautés situées dans l’est du Cameroun, à proximité de la frontière centrafricaine, ont déjà été confrontées à plusieurs accidents mortels dans des sites d’exploitation artisanale ou clandestine.
En 2021, les autorités camerounaises avaient notamment annoncé la mort de 27 mineurs en l’espace d’un mois après plusieurs glissements de terrain dans la localité aurifère de Kambele. Des centaines de mineurs exerçant sans autorisation avaient ensuite été évacués de certaines zones jugées dangereuses.
Ces accidents mettent en évidence les conditions extrêmement précaires dans lesquelles travaillent de nombreux chercheurs d’or. Les puits sont parfois creusés sans équipements de sécurité suffisants, sans renforcement structurel adéquat et dans des sols particulièrement instables.
Les fortes pluies peuvent également fragiliser davantage les parois des excavations et augmenter le risque d’effondrement.
Entre pauvreté, recherche d’or et risques mortels
Derrière les chiffres se trouvent des familles et des communautés dont la survie économique dépend souvent directement de l’exploitation aurifère.
Dans plusieurs localités situées de part et d’autre de la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine, l’or constitue une importante source de revenus. Pour de nombreux habitants, l’exploitation artisanale représente parfois l’une des rares possibilités de gagner leur vie.
Mais cette activité s’accompagne de risques considérables.
Le manque d’emplois, la pauvreté et l’absence d’alternatives économiques poussent certains travailleurs à poursuivre l’exploitation de sites dangereux, malgré les risques connus d’éboulement, d’inondation ou d’effondrement.
La catastrophe de Zamboye illustre ainsi une contradiction profonde : les richesses minières peuvent représenter un espoir économique pour les populations locales, mais leur exploitation dans de mauvaises conditions de sécurité peut également coûter de nombreuses vies.
Des questions après l’urgence
Dans l’immédiat, la priorité reste la recherche des personnes encore portées disparues et l’établissement d’un bilan précis.
Mais une fois les opérations de secours terminées, plusieurs questions devront être posées.
Les sites miniers situés dans les zones reculées sont-ils suffisamment surveillés ? Les puits abandonnés ou dangereux sont-ils correctement sécurisés ? Les mineurs artisanaux bénéficient-ils de formations et d’équipements adaptés ? Et surtout, quelles alternatives économiques peuvent être proposées aux populations qui dépendent de ces activités à haut risque ?
Les précédents accidents survenus dans les régions minières du Cameroun montrent que le danger est connu depuis plusieurs années.
La tragédie de Zamboye ne devrait donc pas être considérée uniquement comme un accident isolé. Elle rappelle également l’urgence de renforcer les normes de sécurité, la surveillance des sites d’exploitation et la protection des travailleurs.
Alors que les secours poursuivent leurs recherches, de nombreuses familles restent dans l’attente de nouvelles de leurs proches.
Tant qu’un bilan officiel n’aura pas été publié, les estimations évoquant 50, 100 victimes ou davantage devront être considérées avec prudence. Mais au-delà des chiffres, une réalité est déjà incontestable : une nouvelle tragédie humaine vient de frapper les communautés minières de la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine.
