CAMEROUNONLINE.ORG | Une enquête internationale coordonnée par le consortium journalistique Forbidden Stories, associant 72 journalistes issus de 23 rédactions dont France 24 et RFI, dévoile les mécanismes cachés de la politique migratoire de Donald Trump.
Depuis le retour du dirigeant républicain à la Maison-Blanche, plus de 25 000 personnes ont été refoulées des États-Unis vers des pays tiers — des territoires avec lesquels la majorité de ces exilés n’ont aucune attache familiale, culturelle ou juridique.
Le Cameroun et les capitales africaines face au troc sécuritaire de Washington
L’enquête démontre comment l’administration américaine a multiplié les pourparlers et accords bilatéraux avec 35 pays tiers, plaçant le Cameroun aux côtés d’autres nations africaines (Centrafrique, Ghana, Eswatini) au cœur de ce dispositif.
Au-delà des discours officiels, cette politique repose sur une logique transactionnelle brute :
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Marchandage financier et diplomatique : Accords bilatéraux assortis d’enveloppes directes — à l’instar des 5 millions de dollars alloués à l’Eswatini — ou de promesses d’aide au développement et de facilités commerciales accordées aux gouvernements acceptant d’ouvrir leurs aéroports aux charters d’expulsion.
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Sous-traitance de l’asile : En transférant ces personnes vers des capitales africaines comme Yaoundé ou Accra, Washington contourne les voies de recours judiciaires américaines et délocalise le refoulement hors des regards.
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Risques pour les droits fondamentaux : Les juristes internationaux alertent sur la violation du principe de non-refoulement : sans statut clair ni ressources sur place, ces personnes risquent la détention arbitraire ou de nouvelles expulsions en chaîne.
Des parcours brisés et l’arbitraire des déportations
Loin du profil des « criminels endurcis » mis en avant par la rhétorique officielle de Washington, les cas documentés par l’enquête révèlent des situations humaines dramatiques :
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Nika, dissidente iranienne persécutée dans son pays d’origine, embarquée sans connaître son point de chute et débarquée à Bangui, en République centrafricaine, en pleine zone d’insécurité.
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Rabbiatu, infirmière établie plus de 20 ans aux États-Unis et mobilisée en première ligne face au Covid-19, envoyée vers Accra avant d’être reconduite de force en Sierra Leone.
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Mohammed, demandeur d’asile guinéen protégé par une décision de justice américaine, pourtant transféré vers l’Afrique de l’Ouest sous escorte armée.
Pour le lectorat camerounais, ce dossier met en lumière la façon dont le continent et ses aéroports se retrouvent instrumentalisés comme zones tampons pour absorber les arbitrages politiques internes des États-Unis.
