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Le débat RFI : La succession au Cameroun est-elle définitivement verrouillée ?

Le paysage politique camerounais traverse une zone de fortes turbulences. Lors d’un débat récent sur RFI, des auditeurs et des experts ont analysé les implications de la création d’un poste de vice-président de la République, adopté à une large majorité par l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès.

Cette réforme, qui intervient alors que le président Paul Biya a entamé son huitième mandat à l’âge de 93 ans, suscite des interrogations majeures sur l’avenir démocratique du pays.

Les points clés de la nouvelle Constitution

La discussion sur RFI a mis en lumière les changements structurels profonds apportés par ce texte :

  • Un successeur désigné, non élu : Le vice-président ne sera pas issu des urnes, mais nommé directement par le Chef de l’État, qui conserve également le pouvoir de mettre fin à ses fonctions à tout moment.

  • La fin de l’intérim du Sénat : Auparavant, en cas de vacance, le président du Sénat gérait l’intérim pour organiser une élection dans les 120 jours. Désormais, le vice-président achèvera simplement le mandat en cours.

  • L’inconnu des attributions : Le texte reste muet sur les prérogatives réelles de ce nouveau poste, laissant tout le pouvoir de décision au décret présidentiel.

Un débat national polarisé

L’antenne de RFI a servi de tribune à des opinions radicalement opposées, reflétant la fracture politique au Cameroun.

L’opposition dénonce une “monarchisation”

Pour de nombreux intervenants, cette réforme est une stratégie de “gré à gré”. L’objectif serait de permettre au président de contrôler sa propre succession, potentiellement jusqu’en 2032, sans passer par la sanction populaire. L’ombre de Franck Biya, fils aîné du président, plane sur ce nouveau poste, faisant craindre à l’opposition une dérive monarchique du système républicain.

La majorité plaide pour la stabilité

À l’inverse, certains auditeurs voient dans cette mesure une “transition responsable”. Dans un pays au contexte complexe, la nomination d’un vice-président permettrait d’éviter le chaos ou le désordre qu’une élection anticipée pourrait provoquer. Pour les partisans du régime, il s’agit d’assurer la continuité de l’État et de redynamiser un appareil gouvernemental parfois jugé lent, en déléguant une partie du suivi de l’action publique à une figure de confiance.

Quelles conséquences pour les Camerounais ?

Au-delà des joutes politiques, la question de l’efficacité gouvernementale reste entière. Certains espèrent que ce vice-président pourra pallier l’absence de remaniement ministériel (le dernier datant de plus de sept ans) et redonner du souffle à l’administration. Cependant, l’absence de prérogatives clairement définies dans la Constitution fait craindre à d’autres la création d’un poste purement symbolique ou, au contraire, d’un pouvoir exécutif agissant dans l’ombre du palais.


Et vous, quelle est votre analyse ? Ce changement constitutionnel est-il un gage de paix sociale ou un verrouillage définitif du pouvoir ?

Basé sur l’émission “Appels sur l’actualité” diffusée sur RFI le 6 avril 2026.

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