CameroonOnline.ORG | C’est le coup de tonnerre économique de l’été en Afrique centrale. Baba Ahmadou Danpullo, l’homme d’affaires le plus riche du Cameroun, s’apprête à réaliser ce que beaucoup d’analystes qualifient déjà de « pari le plus audacieux de sa carrière ». L’impératif milliardaire a décidé d’investir la somme colossale de 900 millions de dollars (soit environ 550 milliards de FCFA) pour lancer sa propre compagnie aérienne : Danpullo Air Line.
Ce qui donne le vertige, ce n’est pas seulement le montant, mais la proportion de son patrimoine injectée dans l’aventure : ce projet représente 92% de sa fortune personnelle.
Un empire diversifié qui s’attaque au ciel
Jusqu’ici, Baba Danpullo incarnait la force tranquille du capitalisme camerounais, bâtissant son empire (le groupe Nexttel, d’immenses plantations de thé, de l’immobilier de prestige au Nigeria et en Afrique du Sud) sur des secteurs réputés solides et résilients.
En basculant presque l’intégralité de ses jetons vers le secteur de l’aviation, le milliardaire brise les codes de la diversification prudente. L’objectif affiché est titanesque : connecter plus efficacement le Cameroun au reste du continent africain et à l’international, tout en brisant les monopoles de transport actuels qui freinent le commerce régional.
Pourquoi un tel risque ?
Le secteur de l’aérien en Afrique est connu pour être un cimetière de projets ambitieux. Entre les taxes aéroportuaires élevées, le coût du carburant et la concurrence féroce des géants comme Ethiopian Airlines, la rentabilité y est un sport de haut niveau. Alors, pourquoi prendre un tel risque à ce stade de sa vie ?
Plusieurs facteurs expliquent ce pivot historique :
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Un besoin crucial d’infrastructures : Le manque de connectivité directe entre les capitales africaines reste un frein majeur à la ZLECAF (Zone de libre-échange continentale africaine). Danpullo y voit une opportunité de marché gigantesque.
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Le contrôle vertical : En créant sa propre flotte, l’homme d’affaires s’assure une maîtrise totale sur la logistique de ses autres activités d’exportation.
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Une question d’héritage : À travers Danpullo Air Line, le magnat cherche visiblement à laisser une empreinte indélébile et patriotique sur le développement structurel de son pays.
Le quitte ou double de l’économie camerounaise
Si le projet réussit, il pourrait transformer Douala et Yaoundé en hubs incontournables de l’Afrique centrale, stimuler le tourisme et faire baisser le coût du fret pour les entrepreneurs locaux. Si le projet vacille, c’est l’un des plus grands fleurons financiers du pays qui se retrouverait fragilisé.
Une chose est sûre : en risquant la quasi-totalité de son patrimoine, Baba Danpullo prouve que l’audace n’a pas d’âge et rappelle que les grandes transformations africaines viendront d’abord de ses propres capitaux.
