Mort de Mirelle Ndjomouo: la communauté camerounaise réclame justice

La Presse | Des centaines de proches et membres de la communauté camerounaise se sont rassemblés devant l’Hôpital Charles-Le Moyne, sur la Rive-Sud, samedi après-midi, afin de réclamer justice pour Mireille Ndjomouo. La mère de 44 ans, morte sur son lit d’hôpital mardi, avait lancé un appel à l’aide sur les réseaux sociaux.

« Justice pour Mireille ! Santé pour tous ! », scandait la foule, au rythme des klaxons et des sifflets. Au-dessus des têtes, des drapeaux camerounais et des portraits de la mère de trois enfants coloraient le ciel.

« Ça me fait chaud au cœur, tous ces gens venus rendre hommage à Mireille », souffle sa sœur, Christine Ndjomouo, les yeux embués. Elle n’a pas dormi depuis des jours. La mort de sa sœur — et les circonstances nébuleuses qui l’entourent — occupe tout son esprit.

Mireille Ndjomouo est entrée à l’hôpital Charles-Le Moyne, à Greenfield Park, le lundi 1er mars pour des douleurs à la hanche. Après quelques jours, Mme Ndjomouo a exprimé à ses proches qu’elle souhaitait être transférée d’hôpital, inquiétée par son état de santé. Son ventre était gonflé. Elle éprouvait des difficultés à respirer et remarquait des réactions cutanées à la pénicilline qu’on lui aurait administrée.

Infirmière clinicienne de formation, Christine Ndjomouo s’est battue pour se rendre au chevet de sa sœur, en vain. Jusqu’à l’appel à l’aide de Mireille Ndjomouo, publié dimanche matin sur les réseaux sociaux.

« Aidez-moi, je ne veux pas mourir et laisser mes enfants. Je suis étouffée. Je suis allergique à la pénicilline, mais ils m’ont injectée à la pénicilline, sachant très bien que je suis allergique », suppliait Mireille Ndjomouo dans une vidéo qui a été visionnée des milliers de fois.

Dimanche soir, après des heures de négociations, selon Christine Ndjomouo, l’hôpital Charles-Le Moyne a finalement accepté de transférer sa sœur à l’Hôpital général juif. Elle y est restée un peu plus d’une journée, avant de mourir le mardi 9 mars. Pour Christine Ndjomouo, c’était le début d’une quête. Pourquoi Mireille n’a-t-elle pas été transféré plus tôt ? Pourquoi lui a-t-on donné de la pénicilline ? Elle espère que l’enquête annoncée vendredi par le Bureau du coroner détermine les circonstances entourant le décès de sa sœur.

Pour l’heure, elle se concentre sur l’enterrement de celle qu’elle décrit comme une combattante coquette, qui aimait ses enfants.

Une communauté ébranlée
De Toronto à L’Assomption, l’histoire de Mireille Ndjomouo a rassemblé des membres de la communauté camerounaise aux quatre coins du pays. Ça n’a d’ailleurs pas pris de temps avant que la vidéo voyage jusqu’à leur pays natal.

Quand Paulette Mback est tombée sur la vidéo, dimanche matin, elle a réveillé son conjoint, en larmes. « J’ai tout de suite reconnu qu’elle était camerounaise. J’ai contacté tout le monde. Je voulais l’aider », raconte-t-elle. À sa gauche, son conjoint hoche la tête. « Nous avons perdu une de nos compatriotes. Qui qu’on soit, d’où qu’on vienne et quoi que l’on fasse, nous avons droit aux soins et à la santé », poursuit Jean-François Mback.

Une campagne de sociofinancement, lancé sur le site web GoFundMe, a déjà récolté au-dessus de 11 000 $, afin de soutenir la famille de la mère de trois enfants et de l’aider à rapatrier son corps au Cameroun.

Contacté vendredi par La Presse, le CISSS de la Montérégie-Centre avait déclaré par courriel que son PDG « a mandaté la direction de la qualité pour examiner la situation ». De son côté, le CISSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal avait refusé de commenter le cas d’une patiente pour des raisons de confidentialité.

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