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Politique et franc CFA dominent la Une des journaux camerounais

APAnews | La prestation de serment annoncée du président réélu, Paul Biya au même titre que la dernière sortie controversée du président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguie Djibril, tiennent en haleine les journaux camerounais parus lundi au même titre que la polémique sur l’éventuelle dévaluation du franc CFA sous-régional.

«Demain, jour du serment». L’essentiel, à travers cette manchette, annonce que le chef de l’État, réélu le 7 octobre dernier, entame son 7ème septennat consécutif mardi «après un processus électoral qui s’est déroulé dans le calme et la sérénité malgré des appels à la violence qui n’ont pas prospéré».

Alors qu’un vent de propreté qui souffle sur les artères de Yaoundé, la capitale pour la cérémonie inaugurale, il s’agit, note le bihebdomadaire, d’«un nouveau mandat plein d’espoirs pour les Camerounais».

Le septennat 2018-2025 est celui de «toutes les attentes», acquiesce le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune qui a compté «douze dossiers chauds» qui attendent sur la table de Paul Biya, et qui vont de la sécurité à la réconciliation nationale en passant par la décentralisation ou encore la parfaite organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football en 2019.

«Le président réélu inaugure son septième mandat dans un contexte de morosité, en contraste avec sa prise de pouvoir le 6 novembre 1982», analyse l’éditorialiste de l’hebdomadaire Intégration sous le titre «L’histoire ou la poubelle».

En effet, étaye la publication, après 36 années de «Renouveau», la plupart des indicateurs du pays sont depuis longtemps passés au rouge, le pays est exsangue et lessivé par des plans d’ajustement structurel ayant détruit toute la politique sociale du gouvernement, le chômage des jeunes atteint des pics effroyables, l’éducation et l’enseignement sont sinistrés et la pauvreté a pris ses quartiers partout.

À l’évidence, Paul Biya commence un septennat de tous les dangers, à n’en point douter, lui qui est à un virage décisif de sa longue carrière de chef de l’État : «En négociant bien ce virage, il rentrerait dans l’histoire comme ‘’celui qui a apporté la démocratie et la prospérité au Cameroun’’. À défaut, il rentrera dans les poubelles de l’histoire du pays.»

Et ce n’est pas tout, soupire Repères, alertant sur les démons du tribalisme qui hantent le Cameroun : depuis la fin de l’élection présidentielle, l’on assiste à des escalades verbales d’une rare violence, certaines faisant l’apologie de ce phénomène de rejet des autres, que d’autres contestent.

«En trois décennies, soupire Cameroon Tribune, le pays a connu la prospérité, puis la crise économique ; l’ouverture démocratique, avec ses fleurs et ses revers ; la paix et la stabilité, avant que le vivre ensemble ne se lézarde sous l’effet conjugué du terrorisme et de la radicalisation identitaire, dans cette terre qui est un concentré de toute l’Afrique dans sa diversité.»

Sous le titre «Cavaye dit non à la déstabilisation du Cameroun», L’Épervier a lu entre les lignes le discours prononcé vendredi par le président de l’Assemblée nationale (PAN), lequel s’est insurgé contre les appels à la contestation des résultats de la présidentielle, exhortant le gouvernement à prendre ses responsabilités «afin de réprimer toute tentative de déstabilisation, d’où qu’elle vienne, de circonscrire toutes velléités de désordre visant à compromettre le beau bilan électoral» du pays.

Dans la ligne de mire de la 3ème personnalité de la république, The Guardian Post explique que ces propos visent particulièrement l’archevêque de la métropole économique, Samuel Kleda, par ailleurs président de la Conférence épiscopale nationale qui a mis en doute la crédibilité de l’élection du 7 octobre.

«Cavaye épingle les hommes d’Église», renchérit Le Quotidien de l’Économie alors que, pour The Post, en mettant fermement en garde le prélat accusé de tenir des propos divisionnistes, le PAN pense que violer un tant soit peu la volonté du peuple, c’est renier soi-même sa qualité d’homme d’Église, de serviteur de Dieu.

«Le sermon du président de la Chambre basse du Parlement n’a pas seulement été dit à l’adresse de Samuel Kléda. Étaient également concernées, toutes les personnes qui contestent les résultats proclamés le 22 octobre par le Conseil constitutionnel», résume La Nouvelle Expression.

Ce sont «des propos lâches», tranche Mutations : s’il y a quelqu’un qui aurait dû se taire dans la controverse du processus postélectoral, c’est bien Cavaye Yeguie Djibril qui, plutôt que de se servir de la tribune de la Chambre basse pour jouer les grands moralisateurs aurait dû s’inspirer du ton modéré de son confrère du Sénat, Marcel Niat Njifenji, qui a tenu un discours de réconciliation nationale.

S’éloignant du chaudron politique, Intégration focalise davantage sur les résolutions de la 3ème session ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale, tenue le 31 octobre dernier à Yaoundé, la capitale camerounaise, et qui a ravivé les supputations sur une éventuelle dévaluation du franc CFA XAF.

Cette polémique, constate le journal, enfle sans cesse depuis le pic de la chute des cours de matières premières, en 2014.

Pour illustrer le contexte, Intégration a choisi quelques extraits d’une déclaration du président de la commission CEMAC, Daniel Ona Ondo, qui voici une semaine dans la capitale tchadienne, N’Djamena, a dressé un tableau sombre du grenier financier et monétaire sous-régional.

Selon lui, la croissance économique reste très faible et contrastée entre les pays de la zone, les réserves de change se situent en deçà des 3 mois d’importation requis, malgré la remontée des cours du pétrole et les appuis budgétaires reçus des bailleurs, les performances budgétaires entre les États membres sont très inégales avec des dérapages budgétaires observés dans certains pays, en lien entre autres, avec la pression exercée sur les finances publiques par le défi sécuritaire.

«Il n’y aura pas de dévaluation du franc CFA», tranche, en écho dans Défis Actuels, le gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli, pour qui cette perspective n’est pas envisageable au regard des fondamentaux de l’économie de la sous-région.

«(…) le débat de nos jours n’est pas la dévaluation, elle n’est pas d’actualité. On devrait plutôt travailler à diversifier nos économies, à créer plus d’emplois et trouver des solutions pour optimiser la mobilisation des recettes domestiques, parce que dans d’autres pays, c’est 40% de la production nationale qui est taxée».

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