CAMEROUNONLINE.ORG | Alors que Gianni Infantino fait face à une contestation croissante dans le monde du football, Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), a publiquement pris sa défense. L’ancien capitaine des Lions Indomptables estime notamment que le dirigeant de la FIFA a contribué au développement du football africain et que le projet à l’origine de la polémique mérite d’être débattu.
La crise qui entoure actuellement la présidence de la FIFA divise profondément les acteurs du football mondial. Depuis plusieurs semaines, Gianni Infantino est sous pression après l’abandon d’un projet controversé visant à faire entrer des investisseurs privés dans une nouvelle structure commerciale liée aux principales compétitions de la FIFA.
Dans ce contexte particulièrement tendu, Samuel Eto’o a choisi de soutenir publiquement le président de l’instance mondiale.
Dans un entretien accordé à CNN Sports et diffusé le 24 août 2026, le président de la Fecafoot a estimé que Gianni Infantino n’avait pas nécessairement commis de faute dans la gestion de ce dossier. Selon lui, la contestation actuelle doit également être replacée dans le contexte de la prochaine élection présidentielle de la FIFA, prévue en 2027.
Un projet qui a provoqué une forte opposition
Au centre de la controverse figure le projet baptisé FIFA Forward Enterprise (FFE).
Selon les informations rapportées par CNN, la FIFA envisageait de créer une structure chargée notamment d’activités commerciales et opérationnelles liées à de futures éditions des Coupes du monde masculine et féminine. L’objectif annoncé était de lever plusieurs milliards de dollars auprès d’investisseurs privés.
Le projet a toutefois suscité une importante levée de boucliers. Plusieurs organisations et fédérations ont estimé que son processus d’élaboration manquait de consultation et de transparence.
La contestation est devenue suffisamment forte pour conduire au retrait du projet. Plusieurs fédérations ont par ailleurs remis en cause leur soutien à Gianni Infantino, tandis que des responsables et anciens joueurs ont appelé à des changements dans la gouvernance de la FIFA.
Samuel Eto’o appelle à regarder les résultats d’Infantino
Samuel Eto’o adopte une lecture différente de cette crise.
Pour le président de la Fecafoot, le rôle du président de la FIFA consiste notamment à développer le football à l’échelle mondiale et à offrir davantage d’opportunités aux différentes fédérations.
L’ancien attaquant du FC Barcelone et de l’Inter Milan estime que les années Infantino ont permis à certaines nations de bénéficier d’une plus grande place dans les compétitions internationales.
Il considère également que les critiques les plus fortes exprimées aujourd’hui ne reflètent pas nécessairement l’opinion de la majorité des 211 associations membres de la FIFA. À ses yeux, une proposition d’une telle importance aurait dû être examinée et débattue collectivement avant qu’une décision soit prise.
Une dimension particulièrement importante pour l’Afrique
C’est surtout sur les éventuelles conséquences du projet pour le football africain que Samuel Eto’o insiste.
Selon lui, FIFA Forward Enterprise aurait pu offrir aux fédérations africaines davantage de moyens pour renforcer leurs structures, développer leurs talents et réduire l’écart économique avec les grandes puissances du football mondial.
Le président de la Fecafoot estime ainsi qu’un mécanisme apportant davantage de ressources aux fédérations africaines pourrait contribuer à maintenir certains talents dans les sélections du continent et à améliorer leur compétitivité internationale.
Cette position rejoint plus largement le soutien dont bénéficie encore Gianni Infantino auprès d’une partie du football africain. Alors que plusieurs fédérations européennes ou asiatiques ont exprimé leurs réserves, la Confédération africaine de football reste globalement favorable à sa présidence à l’approche de l’élection de 2027.
Eto’o veut que le dossier soit réexaminé
Samuel Eto’o ne se limite pas à défendre Gianni Infantino. Il souhaite également que le projet controversé puisse revenir dans les discussions.
Dans son entretien avec CNN, le dirigeant camerounais indique que son administration entend proposer une motion afin que FIFA Forward Enterprise soit de nouveau examiné par les membres de la FIFA.
Son argument repose sur un principe : une réforme susceptible d’avoir des conséquences importantes pour l’ensemble des fédérations devrait être discutée collectivement, puis soumise à la décision de la majorité.
Il reconnaît néanmoins qu’un débat plus approfondi aurait dû avoir lieu avant que le projet ne soit aussi avancé.
Un positionnement qui place le Cameroun au centre du débat
La prise de position de Samuel Eto’o intervient dans un moment sensible pour le football mondial.
D’un côté, plusieurs acteurs réclament davantage de transparence, de contrôle et de participation dans les décisions prises au sommet de la FIFA. De l’autre, certaines fédérations considèrent que les politiques menées sous Gianni Infantino ont permis une meilleure redistribution des ressources et une ouverture accrue des compétitions.
Pour le Cameroun, le débat présente donc un double enjeu.
Il concerne d’abord la gouvernance du football mondial et les relations entre les différentes confédérations. Mais il pose également la question des moyens financiers dont disposent les fédérations africaines pour développer leurs infrastructures, leurs compétitions locales, leurs centres de formation et leurs sélections nationales.
En choisissant de défendre Gianni Infantino tout en demandant un nouveau débat sur FIFA Forward Enterprise, Samuel Eto’o inscrit clairement la Fecafoot dans le camp de ceux qui souhaitent poursuivre la discussion plutôt que fermer définitivement la porte à cette réforme.
Reste désormais à savoir si cette position trouvera un écho auprès d’autres fédérations africaines et si la FIFA acceptera de rouvrir un dossier devenu l’un des principaux sujets de controverse à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
Article rédigé à partir des informations publiées par CNN le 24 août 2026 et complétées par des sources de presse sur la crise actuelle à la FIFA.
