CamerounOnline.ORG | C’est un geste que peu de gens osaient espérer, mais qui pourrait marquer un tournant symbolique pour le Cameroun. À l’occasion de la visite historique du Pape Léo cette semaine, les forces séparatistes des régions anglophones ont annoncé une trêve de trois jours.
Une pause dans le conflit
Depuis 2017, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun sont le théâtre d’un conflit douloureux. Cependant, l’alliance séparatiste (incluant l’AGovC et d’autres mouvements) a ordonné à ses troupes d’observer un « passage sécurisé » du 15 au 17 avril 2026.
L’objectif est clair : permettre aux fidèles, aux pèlerins et au Saint-Père de circuler sans crainte dans ces zones meurtries, notamment lors du passage prévu du Pape à Bamenda le 16 avril.
Un message de respect et d’humanité
Le porte-parole des séparatistes a souligné que cette décision est une mesure humanitaire visant à respecter le caractère spirituel de cette visite. Pour une population qui vit dans l’angoisse quotidienne des affrontements, ces 72 heures représentent bien plus qu’une simple pause logistique : c’est un souffle de dignité et de paix.
« Cette décision reflète un engagement délibéré envers la responsabilité et le respect de la dignité humaine, même en contexte de conflit. » — Lucas Asu, porte-parole de l’AGovC.
Qu’attendre de ce voyage ?
Le Pape Léo, dont la tournée africaine traverse également l’Algérie, l’Angola et la Guinée équatoriale, vient porter un message universel : « Heureux les artisans de paix ».
Si le gouvernement de Yaoundé n’a pas encore réagi officiellement à cette annonce de cessez-le-feu, tous les regards sont désormais tournés vers Bamenda. Ce court répit suffira-t-il à relancer un dialogue plus profond ? Il est trop tôt pour le dire, mais pour les milliers de pèlerins qui s’apprêtent à voir le souverain pontife, la foi l’emporte aujourd’hui sur la peur.
