“Voyez avec votre compagnie aérienne” : une Française bloquée au Cameroun se sent “snobée”

LCI | STAND BYE – Avec des frontières qui se ferment les unes après les autres, des dizaines de milliers de Français sont bloqués à l’étranger. Parmi eux, Laura. Au Cameroun, elle manque d’informations de la part de l’ambassade et trouve que le temps se fait – très – long.

Comment rentrer quand toutes les portes sont fermées ? Alors qu’une dizaine de cas de coronavirus a été détectée au Cameroun, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a annoncé ce mardi la fermeture des “frontières terrestres, aériennes et maritimes” du pays. Résultat : de nombreux Français s’y retrouvent bloqués, et ce malgré les promesses de rapatriement du Quai d’Orsay. Parmi eux, Laura, qui témoigne de son désarroi.

Les vols sont tous annulés

L’information est tombée à la veille de son départ. A bientôt 30 ans, cette Française originaire des Hauts-de-Seine se retrouvait à Yaoundé, capitale du pays, dans le cadre d’une mission professionnelle dans le domaine de l’enseignement supérieur. Arrivée le 10 mars dernier, elle devait repartir ce mercredi. C’était donc sans compter sur le coronavirus.

Quelques instants après les annonces du gouvernement camerounais, ce mardi soir, un proche lui conseille donc de se rendre à l’aéroport. Il estime que, sur place, elle aura plus de chances de monter dans l’un des derniers vols. Mais à l’aéroport, cette ressortissante, qui n’a eu “aucun moyen d’anticiper son départ du territoire”, ne peut monter dans aucun avion. Ils sont tous complets. Sur le tableau des départs, la totalité des trajets internationaux sont quant à eux annulés.

Dès le lendemain, la jeune femme tente donc de se rendre à l’ambassade. Malgré le confinement décrété par Emmanuel Macron, elle veut rentrer en France, car elle sait qu’elle y sera “mieux protégée”. Elle n’est d’ailleurs pas la seule. Ce mercredi matin, avec “une dizaine” d’autres personnes, elle demande à être reçue. En vain. “C’est un vigile qui nous a répondu”, s’étonne-t-elle. Alors que les Français se montrent persistants, l’employé qui leur fait face explique que “personne ne sera reçu”. Il leur tend néanmoins un bout de papier découpé à la va-vite. Dessus apparaissent le numéro du standard de la section consulaire de Yaoundé et un numéro d’urgence. Au bout du fil, encore une fois, l’heure est au mutisme.

Nous ne serons pas les premiers sauvés

– Laura

“Nous sommes bloqués, sans informations, sans interlocuteur”, résume la jeune femme qui n’arrive pas non plus à contacter sa compagnie aérienne et regrette un certain “snobisme”. Une situation qu’elle trouve totalement “aberrante”. Elle aimerait “au moins” avoir un message clair des autorités, afin de la faire “patienter”. “Là, on sort de nos gonds.” Car si elle a “encore le moral”, consciente de bénéficier d’un certain “confort”, le temps se fait long. D’autant plus qu’elle était en mission professionnelle et n’a donc aucune activité en dehors de son hôtel. “Je suis un petit peu en mode confinement”.

Pourtant, Christophe Guilhou, l’ambassadeur de France au Cameroun, l’assure : “Nous agissons pour que les Français de passage puissent rentrer à Paris.” Sur Twitter, il conseille ainsi de contacter une “cellule téléphonique” dédiée. C’est bien ce que fait Laura. D’ailleurs ses journées “se résument à ça”.

Débloquage

Mais l’étonnement continue de grandir. Ce jeudi matin, on lui conseillait désormais de “se rapprocher de sa compagnie aérienne afin de la convaincre d’affréter des vols”. Une situation ubuesque, qui la fait rire, jaune. “Je ne vois pas comment un citoyen lambda peut faire plier à lui seul une compagnie aérienne dans un pays où les frontières sont fermées !”

Finalement, il aura fallu encore plusieurs heures au bout du fil avant que la situation ne se débloque quelque peu. Après avoir interpellé les autorités sur les réseaux sociaux -avec le soutien de son employeur- et avoir fait “des pieds et des mains”, Laura a pu avoir un interlocuteur ce jeudi après-midi. Au bout du fil, on lui promet que des vols seront bien affrétés. Près de 48 heures après l’annonce de la fermeture des frontières, sa seule ressource est désormais sa patience. “Reste plus qu’à espérer que les services de l’ambassade travaillent à notre retour.”

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