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Cameroun : à quoi servent ces agrégés d’universités ?

AgoraVox | A vivre dans les dédales où nous confinent nos agrégés d’universités, aux titres aussi ronflants que vides, l’issue d’une lisibilité, voire d’une sortie de la nuit crépusculaire tend à s’éloigner. Que valent leurs paroles de nos jours ? Tous ou presque, ont abandonné leurs missions fondamentales, qui sont celles de transmettre le savoir, les valeurs. En somme, leur destin est celui de façonner des têtes bien faites. Les gardiens du savoir ont dévalorisé ce noble et grand métier. Les enseignants ne sont plus adulés, respectés, considérés. Ils n’ont qu’une chose en tête, s’emparer du pouvoir. Et souvent par des raccourcis qui frisent la démence. Qu’ont-ils fait pour changer notre quotidien ? Rien.

Que savent-ils faire ? Bavarder, discourir, parlementer. Que veulent–ils démontrer ? Qu’ils savent. Mais ils savent quoi ? Tout, sauf se remettre en question. Que vaut aujourd’hui leur voix ? Dans la mythologie, leur parole est comme la voix d’Orphée au pouvoir enchanteur, qui fut brisée par la fureur des Ménades. Les agrégés d’universités, ou si vous voulez les « intellectuels » ont perdu l’éclat de leur parole. Ahurissante constatation, à l’heure de la prolifération des médias, à l’heure où tous les canaux de l’information ont décuplé. Étant devenus politicards et rhéteurs, leur mode de communication est usé, défraîchi, amoché. N’ayant aucun projet de société à proposer, et ayant presque tous contribué au maintien au pouvoir de Paul Biya, leur antienne est le tribalisme. Ils sont devenus des vendeurs de haine. Pitoyable !

Les professeurs et la politique

Depuis quelques temps, ils fanfaronnent, sont dans leurs lubies et rêveries : Ils sont candidats à l’élection présidentielle… S’ils ne le sont pas, ils sont les commerçants de la haine, de la mort, du déclin de leur propre pays. Ceux des professeurs qui concourent à la magistrature suprême, comme Maurice Kamto ont d’ailleurs mauvaise presse : Mots creux, langage technocratique et fumeux, parole démonétisée et désacralisée …

J’avais beaucoup d’admiration pour Maurice Kamto, que je trouvais pondéré, apolitique, mais surtout son investissement dans les médias me fascinait. Depuis qu’il a accepté de composer avec ce régime despotique du RDPC, sa collaboration m’a scié. Je suis resté sans voix. Scotché, j’ai compris que nos intellectuels sont des traîtres. Autant je lui trouve des qualités, mais autant je trouve inopportune et abjecte sa candidature. N’en déplaise à sa horde de fanatiques. J’ai encore plus de nausée, quand je vois l’outrance et la violence des agents du RDPC, qui sous le couvert de le défendre de manière grossière et maladroite, l’enfoncent bien au contraire. Encore du gâchis !

Sur le plan opérationnel, Je suis quand même surpris qu’on lui trouve une virginité, et pourtant que cet exégète de droit, défend becs et ongles un des pires régimes autocratiques du continent africain, celui de la Guinée équatoriale. La Guinée équatoriale est un fief familial, où trône depuis 40 ans un putschiste du nom d’Obiang Nguema, qui assassina son cousin Macias Nguema pour s’emparer du pouvoir. Son fils héritier putatif, est sûr d’assurer la succession dynastique de son père. Ce régime despotique et népotique est poursuivi pour des biens mal acquis.

Rions ! Monsieur Kamto a oublié de saisir lorsqu’il était ministre la cour suprême, qui siégeait en tant que Conseil constitutionnel , pour que soit appliqué l’article 6 de Constitution camerounaise sur la déclaration des biens : et lui même avait omis à cette période de déclarer les siens.

Monsieur Kamto, avait oublié de s’insurger contre la révision de la Constitution scélérate de 2008, qui pérennisait Biya au pouvoir. On espère qu’il a retrouvé ses esprits.

Monsieur Kamto défend le régime d’Obiang Nguema qui est un des plus xénophobes d’Afrique, tous les jours des filles camerounaises sont violées par les autorités équato-guinéennes ; tous les jours leurs marchandises sont pillées par les équato-guinéens ; tous les jours les Camerounais sont expulsés comme des chiens de ce pays…Pourquoi ne pas saisir l’ONU et la CPI pour ces violations flagrantes des droits humains ?

Monsieur Kamto n’était pas mal à l’aise lorsqu’on emprisonnait sans vergogne : Atangana Mebara, Inoni Ephraïm, Siyam Siwe, etc.

Monsieur Kamto, n’a pas pu diligenter une enquête sur la mort du journaliste Bibi Ngota, lui qui est promoteur de journaux.

Enfin, pourquoi Kamto ne s’était-il pas insurgé contre l’embastillement d’Yves Michel Fotso au Secrétariat d’État à la défense (SED) ; et,pourquoi n’avait -il pas saisi les instances internationales sur l’état maladif de nos prisons ? En tout cas, le Professeur agrégé ès droit, a oublié que c’est l’exemple qui fait la leçon et que nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude.

Le job pour la famille Obiang Nguema,fut-il bien rémunéré, a terni l’image de la personne soi-disant porteuse d’espoir et de changement. Encore un rêve de brisé. Ah, l’argent est un bon ami, mais un mauvais maître !

L’autre catégorie de professeurs vendeurs de haine et d’illusion est cette catégorie d’homme qui cherche une reconnaissance sociale, on dirait qu’ils ont une libido mal accomplie et des refoulements en cascade. Ils sont en constante lévitation, tels des nénuphars, ils prospèrent dans la bêtise. En tout cas, vu leurs propos et implications dans certains conflits, jamais de la vie, ils n’enseigneraient dans plusieurs pays occidentaux. Avec ce que j’ai lu dans les réseaux sociaux, ces enseignants de pacotille seraient radiés de l’éducation. Ils seraient même interdits de s’approcher de tout milieu qui s’apparente à la jeunesse et à la formation .

Sur le plan académique vu ce qu’ils étalent sur toile, on se demande comment ils ont fait pour acquérir leurs diplômes, tant leur prose est glauque et désuète. Certains d’entre eux se réclament être des hommes de Lettres :écrivains !Sur le plan littéraire, leurs écrits éculés, touffus et moribonds, n’ont rien à voir avec la littérature, comme celle que nous avons aimée chez les Calixte Beyala, Mongo Béti, Leonora Miano.

Négationnistes, révisionnistes et ignorants, ils se saisissent de tous les sujets, avec une mauvaise foi congénitale. Ils sont exubérants dans l’injure et l’invective ; leurs suiveurs et fanatiques sont comme eux , égarés !

Aimé Mathurin MOUSSY

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9 comments

  1. It is an irony of ironies that academics have inadvertently allowed themselves to be used like toilet tissue – and then tossed away – non-academics.

    • Ops! by non-academics.

      But why single out/stigmatize Maurice Kamto who is only the tip of a giant iceberg? As a matter of fact the guy can benefit from some indulgence in view of his very “brilliant” performance to make sure Nigeria did not confiscate the Bakassi Peninsula. If each academic could do just one thing and leave as a legacy to be remembered by, there would be no loss of sleep.

      But those who venture are few and one must pay tribute to Hon. Henry Kemende of the SDF who used his legal training and stood his grounds at the National Assembly that cumulative functions by parliamentarians is unconstitutional. Today many have given up their extra duties and, in the process, created jobs for some of our unemployed citizens.

      If someone could take a stance on implementing Art 6 of

      • the Constitution…..

      • One doesn’t need to be a scientist to realise that the intellectual ineptitude of the African PhD is a fact. I have belaboured this point for years, but for some inexplicable reason, it is still not sinking in your head. To be honest with you, I am bemused, but not that surprised.

        With respect to your fictional Ambazombi termite nation; the iconoclastic Ambazombi academics, and the self-proclaimed impostor leaders that have taken refuge in faraway countries; and bloviating frantically in cyberspace will eventually be tossed away by the armed gangs of non-academic scoundrels… those despondent ones that are currently punishing themselves in the bushes.

      • Oh, and before I forget… the author’s focus on Maurice Kamto caught my attention!

        As an academic, you must find your own specific angle. You must stick religiously with that angle even if it is about something that may be as ridiculous to others as binge drinking. However, the moment you start dabbling in sexual promiscuity; child trafficking, and these types of things you immediately get transformed into an adventurer… a loser!

  2. Ras Mbanga you can’t show us the door. We are at home. We know our ancestral home. You are an immigrant from Larepublique whose parents fled maquisard….no, you cannot show us the door, WE will show you the door and the path back to your Larepublique.
    Mark my words, we will never yield. Ambazonia will be free.

  3. Les Africain boursiés en occident on tune formation de generalités, sans travails en seminaries/stages où cas d’edutes speciaux. Conclusions, ils me savent pas transformer leur connaissances livresques en products et/où service commercialisable competitifs. Ainsi donc, leur titres d’agregés servent aux comptage statistic, a se pavaner dans les ministeres et medias, a SE faire nommer dans dès parties politiques au pouvoir, et enfin à leur eulogies funebres.

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