Le quart de finale de la CAN 2025 à Rabat promettait d’être un choc titanesque : les Lions Indomptables du Cameroun face au pays hôte, les Lions de l’Atlas du Maroc. Si le tableau d’affichage indique une victoire 2-0 pour le Maroc, le sentiment qui prédomine côté camerounais n’est pas celui de la défaite sportive, mais celui de l’injustice.
Entre un changement d’arbitre suspect de dernière minute et un penalty jugé “flagrant” mais refusé, le Cameroun quitte le tournoi avec la certitude d’avoir été privé d’une chance équitable de se battre pour le dernier carré.
Le tournant du match : Le penalty fantôme
Le moment le plus contentieux de la rencontre survient à la 68e minute. Le Maroc ne mène alors que d’un but (1-0) lorsque l’attaquant vedette camerounais, Bryan Mbeumo (Manchester United), pénètre dans la surface de réparation marocaine.
Cherchant à créer le danger, Mbeumo est percuté par le défenseur Adam Masina. Le contact semble évident : Masina touche le pied de l’attaquant, l’envoyant au tapis. Les joueurs camerounais se ruent vers l’arbitre mauritanien, Dahane Beida, mais celui-ci reste de marbre. Le jeu se poursuit et, peu de temps après, le Maroc double la mise, scellant le sort de la rencontre.
Les ralentis semblent pourtant donner raison aux Lions Indomptables.
« Pendant le match j’ai senti qu’il m’avait touché et après le match, on m’a remontré les images… c’est très très flagrant », a réagi Bryan Mbeumo au micro de BeIN Sports après la rencontre. « Je ne sais pas quoi dire de plus. »
La frustration de Mbeumo était palpable, laissant entendre une certaine fatalité face au fait de jouer contre le pays organisateur : « C’était un fait de jeu, et on savait aussi à quoi s’attendre. »
Son coéquipier Carlos Baleba partage ce sentiment d’amertume, notant qu’un coup de sifflet à ce moment précis aurait tout changé : « Si l’arbitre avait sifflé ce penalty, je pense que la rencontre aurait pris une autre tournure. »
L’ombre du changement d’arbitre de dernière minute
Si le penalty refusé a mis le feu aux poudres, la polémique avait débuté près de 24 heures avant le coup d’envoi. La Confédération Africaine de Football (CAF) avait initialement désigné l’arbitre égyptien Amin Omar pour diriger ce match à haute tension.
Cependant, dans un revirement surprenant, la CAF a retiré Omar de la feuille de match moins d’une journée avant la rencontre, le remplaçant par le Mauritanien Dahane Beida. Selon certaines sources et la presse spécialisée, ce remaniement ne doit rien au hasard.
Des allégations suggèrent que le Maroc aurait contesté la désignation initiale du trio arbitral, forçant ainsi la main de la CAF. Le résultat ? Un match dirigé par un arbitre remplaçant qui, selon les critiques camerounais, a fermé les yeux sur plusieurs fautes marocaines, notamment un coup de coude de Nayef Aguerd et une charge ayant blessé Tchamadeu.
Une pilule amère à avaler
Malgré la colère de ses joueurs, le sélectionneur David Pagou a préféré adopter une posture diplomatique, bien que résignée, en conférence de presse.
« L’arbitre est le maitre du jeu… on se plie aux lois du jeu », a déclaré Pagou. « Je n’ai pas regardé les images, mais le match est fini. C’est un fait de jeu, ça n’engage que lui et sa conscience. »
Pour les supporters et les joueurs, la “conscience” de l’arbitre est une maigre consolation. Le Cameroun est éliminé de la CAN et, n’étant pas qualifié pour le Mondial 2026, doit désormais préparer l’avenir avec un goût amer d’inachevé.
Le Maroc file en demi-finale grâce aux buts de l’inévitable Brahim Diaz et de Saibari, mais pour les Lions Indomptables, l’histoire de ce quart de finale restera celle du coup de sifflet qui n’a jamais retenti.
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