« Aucun entraîneur n’est au-dessus du Cameroun » : L’ultimatum cinglant de Samuel Eto’o au staff des Lions

CamerounOnline.ORG | S’il restait le moindre doute sur qui tient les rênes du football camerounais, Samuel Eto’o vient de le dissiper brutalement.

Dans un discours enflammé prononcé devant l’Assemblée Générale et le Comité Exécutif nouvellement élu de la FECAFOOT, le président de la Fédération ne s’est pas contenté de tracer une feuille de route pour l’avenir : il a lancé un avertissement.

S’adressant à une assemblée marquée par un « jour de rupture » et le retour de l’État de droit, Eto’o a dépouillé son discours du vernis diplomatique habituel. Son message était limpide : l’ère de la complaisance est révolue et la hiérarchie est absolue.

Le Général et ses Lieutenants

Le moment le plus marquant de l’allocution est survenu lorsque Eto’o a invoqué une métaphore militaire pour décrire la discipline requise au sein de l’équipe nationale.

« Aucune armée ne peut gagner une bataille sans discipline », a déclaré Eto’o, le ton ferme. « Si le lieutenant… pense qu’il a la place, qu’il peut être au-dessus du Général ou du Ministre de la Défense… Alors, il y a quelque chose qui ne tourne pas bien. »

Ce n’était pas un simple appel à l’ordre. C’était un avertissement direct concernant la gestion des Lions Indomptables. Eto’o a explicitement déclaré qu’il prendrait ses responsabilités, laissant entrevoir une approche interventionniste si nécessaire.

Il a ensuite asséné le coup de grâce concernant le staff technique :

« Aucun joueur ne sera plus au-dessus du Cameroun, aucun entraîneur ne sera plus au-dessus du Cameroun. »

Pour une équipe qui peine à répondre aux attentes immenses d’une nation qui a produit des Roger Milla et des Patrick Mboma, c’est un ultimatum clair. Eto’o signale que le label « Lion Indomptable » est plus grand que n’importe quel ego ou réputation tactique. Si le « Lieutenant » (l’entraîneur) ne peut pas s’aligner sur la vision de discipline et de résultats du « Général », Eto’o a sous-entendu qu’il est prêt à utiliser « tous les pouvoirs » que les statuts lui confèrent.

Le cœur lourd et les rendez-vous manqués

Le discours n’était pas seulement fait de mises en garde ; il était enraciné dans une profonde douleur patriotique. Eto’o a exprimé avoir le « cœur lourd » face au statut actuel de l’équipe nationale sur la scène mondiale.

Il a déploré la réalité selon laquelle le Cameroun — « le meilleur pays » en termes de football à ses yeux — risque de manquer le plus grand rendez-vous, faisant référence à la première Coupe du monde à 48 équipes.

« Je ne peux pas être un simple supporter », a-t-il dit à l’assemblée. « Je suis comme un patron d’une boîte qui doit avancer avec des résultats. »

Il a reconnu le coup financier que la Fédération subit lorsque l’équipe sous-performe, notant que la qualification apporte les fonds nécessaires pour payer les salaires et soutenir l’écosystème. En l’absence de ces fonds, il a promis d’aller « chercher les ressources ailleurs », en tirant parti du label « vendable » des Lions, mais il refuse d’accepter la médiocrité comme statu quo.

La fin de la culture de la « mangeoire »

L’un des moments les plus francs fut lorsque Eto’o a abordé la culture interne de la Fédération et de ses associés. Il a parlé de « frères » qui l’ont approché pendant l’élection simplement parce qu’ils avaient « faim ».

La réponse d’Eto’o a été brutale mais nécessaire : « Ce n’est pas notre argent, c’est l’argent de tous les footballeurs. »

Il a tracé une ligne rouge : ceux qui viennent travailler seront payés, mais ceux qui viennent s’enrichir « en cachette » trouveront porte close. Se décrivant comme un « cabri mort » — impliquant qu’il n’a plus rien à craindre — il a affirmé qu’il ne reculerait devant rien ni personne.

Le prochain chapitre

Alors que les Lions Indomptables se tournent vers la prochaine CAN, la pression repose désormais sur les épaules des joueurs et, surtout, du staff technique.

Samuel Eto’o a promis d’effectuer des visites surprises dans les 10 régions pour surveiller le développement des jeunes et des championnats amateurs. Mais son regard reste fixé sur le joyau de la couronne : l’Équipe Nationale.

Le « Général » a parlé. Les « Lieutenants » ont reçu leurs ordres de marche. Pour l’entraîneur et les joueurs, le message est simple : se soumettre à la discipline collective de la nation, ou s’écarter. Car dans le Cameroun d’Eto’o, personne n’est plus grand que le drapeau.




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