La crise anglophone en débat en France

DW | Plus de cinq ans que la crise anglophone dure et continue de susciter des préoccupations aussi bien dans le pays qu’en dehors de ses frontières.

Ce mardi 2 mars, lors de la séance des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale française, le député indépendant de Haute-Garonne, Sébastien Nadot, a posé une question directe au ministre des Affaires étrangères , Jean-Yves Le Drian, à propos du rôle de la France qu’il accuse de soutenir le régime dictatorial en place. Pour lui, il y a lieu de revoir le comportement de la France sur le continent africain.

Au Cameroun, il y a une dictature, il y a des massacres, c’est factuel. Alors me répondre que mes propos sont contre la France quand je demande d’agir pour que ces massacres cessent, c’est du niveau de Staline avec ses opposants politiques” , martèle le député tout en poursuivant  “le déni postcolonial français est très inquiétant et ces vieilles méthodes de la Françafrique nous mènent dans le mur vis à vis de l’Afrique et l’Europe avec, c’est très grave. Puisque pour des raisons historiques et géographiques, depuis le Brexit, la France est la première porte d’entrée de l’Union européenne sur le continent africain. Se soucier de ce comportement français en Afrique, c’est une question éminemment européenne aujourd’hui”, estime Sébastien Nadot.

Même questionnement du côté allemand. Sébastien Nadot n’est en effet pas le seul député à s’intéresser de près au contexte sécuritaire déliquescent au Cameroun.

Le député allemand, Christoph Hoffmann, (FDP) a lui aussi récemment mis en exergue la situation qui prévaut au Cameroun en posant la question à Heiko Maas, le ministre allemand des Affaires étrangères. ” Prenons le Cameroun : le président a manipulé les élections, incendié 300 villages, laissant brûler des enfants de quatre ans, des centaines de milliers de personnes ont dû prendre la fuite. A 88 ans, le président Biya est au pouvoir depuis 38 ans. Qu’en est-il dans ce cas précis du travail sur le passé colonial de l’Allemagne, monsieur Maas ? Ni pour la chancelière ni pour vous, cela ne semble être un sujet important. Est-ce ainsi que nous comptons gagner les cœurs des jeunes en Afrique ? “, interroge Mr Hoffmann.

Gagner le cœur des jeunes en Afrique et surtout au Cameroun reste à ce jour une vaste tâche étant donné la situation qui prévaut sur le terrain comme le rappelle Maxime Bissay, le président de l’ACAT-Cameroun et chef de file de la Maison des droits de l’homme du Cameroun. “Depuis le début de la crise anglophone en 2016, le Cameroun a connu une recrudescence des violations des droits humains et une fermeture significative de l’espace civil et politique pour ceux qui prônent le dialogue et le respect de l’état de droit. Le gouvernement a enfermé des journalistes et des opposants politiques pour s’être prononcés contre la gestion des conflits dans le pays, notamment lors de l’élection présidentielle controversée de 2018”, s’offusque le défenseur des droits de l’homme.

Vendredi dernier, Human rights watch, a publié un rapport dans lequel, l’ONG accuse l’armée camerounaise de nouvelles exactions sur des civils en zone anglophone.

L’ONG rappelle qu’en 2020, les groupes armés et les forces gouvernementales ont commis des atteintes aux droits de l’homme, y compris des exécutions extrajudiciaires ou sommaires et des massacres à travers les régions anglophones du pays.?

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2 comments

  1. Dictator Biya does not like GENUINE dialogue. He still hallucinates that his terrorist BIRs could resolve the Anglophone Question.
    Unfortunately for the evil BULU Dictator, the present war can only end at the NEGOTIATING table.
    Simply put, the terrorist BIRs, the so-called commission on disarmament, the so-called commission on bilingualism, translation of the OHADA text, the so-called Special status, presidential decrees, etc can NEVER EVER stop the war.

  2. Some how people have refused to develop a backbone and to face the Cameroon challenge, even those with power to do so.

    The UK representative to the UNSC mumbled quite a bit before conceding that Anglophones are being murdered which is unacceptable. But he quickly alluded to his country’s CONCERNS about the TERRITORIAL INTEGRITY of Cameroon!

    Did he ever hear about the Bakassi conflict, followed by the Green Tree Accords at the ICJ? Nigeria and Cameroon were wisely advised to withdraw to their respective boundaries at independence in 1960. Was that not a simple advise to turn to the maps?????????