Le financier camerounais Louis Banga-Ntolo nommé DG de la Bvmac, la bourse unifiée de l’Afrique centrale

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Au terme d’un Conseil d’administration, tenu le 25 octobre 2021 à Libreville, la capitale gabonaise, le financier camerounais Louis Banga-Ntolo a été nommé au poste de directeur général (DG) de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac), le marché financier unifié de la zone Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, RCA, Guinée équatoriale). Titulaire d’un doctorat en banque, monnaie et finance de l’Université Lumières Lyon II, ce fin connaisseur des marchés financiers était jusqu’à sa nomination le DG de Société Générale Capital Securities Central Africa (SG Capital Cemac), la société de bourse du groupe bancaire français Société Générale.

Louis Banga-Ntolo, recruté à la suite d’un appel à candidatures rendu public le 1er mars 2021, remplace à ce poste son compatriote Jean-Claude Ngbwa, qui présidait aux destinées de la Bvmac depuis le 4 juillet 2019. Début 2020, la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), institut d’émission des pays de la Cemac, qui pilote le processus de fusion et de dynamisation du marché financier de l’Afrique centrale, avait déjà tenté de pourvoir au remplacement de Jean Claude Ngbwa, avant l’interruption sans explication du processus le 29 février 2020.

Cet ancien haut fonctionnaire du ministère camerounais des Finances, qui a été secrétaire général de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (Cima), lègue au nouveau DG de la Bvmac un marché financier qui n’a jamais véritablement décollé depuis sa création il y a bientôt 20 ans. Pour preuve, à fin juillet 2020, le compartiment des actions de la Bvmac affichait une capitalisation de seulement 120 milliards de FCFA, ce qui correspond à 0,5% du PIB du Cameroun en 2020, qui abrite le siège du marché financier unifié de la Cemac. À titre de comparaison, le même compartiment sur les bourses du Nigeria et de l’Afrique de l’Ouest (basée en Côte d’Ivoire) atteignait déjà respectivement 10 et 26% du PIB des pays concernés en 2018, selon l’Absa Africa Financial Markets Index, publié par l’Official Monetary and Financial Institution Forum.

Défis

De ce point de vue, les défis de Louis Banga-Ntolo à la tête de la Bvmac sont colossaux. Il trouvera, par exemple, sur sa table, le projet d’introduction en bourse des entreprises publiques de la zone Cemac, qui tarde à se matérialiser. «?Les États ont dit : chacun va apporter à peu près cinq ou six entreprises. Il y a trois États qui nous ont déjà envoyé des listes. Il s’agit du Congo, la Guinée équatoriale et dernièrement le Gabon. Nous continuons d’attendre la réaction des autres?», a récemment révélé Nagoum Yamassoum, le président de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf). C’était au cours de la «?Semaine de l’investisseur?», un évènement dédié à l’éducation boursière, organisé du 12 au 15 octobre à Douala, la capitale économique camerounaise.

En d’autres termes, 2 ans après l’engagement pris par les pays de la Cemac de contribuer à la dynamisation du marché financier unifié, par l’introduction des entreprises publiques ou parapubliques à la Bvmac, le Cameroun, la RCA et le Tchad tardent à tenir leurs promesses. Pourtant, c’est sur ce coup de pouce des États que la Bvmac avait par exemple bâti son plan d’action 2020, qui ambitionnait de porter la capitalisation sur le compartiment des actions à un minimum de 1200 milliards de FCFA, et à 1000 milliards au minimum sur le compartiment des obligations.

Mais, au-delà des nouvelles introductions en bourse, le nouveau DG de la Bvmac devra œuvrer pour l’émergence d’une véritable culture boursière dans la Cemac. Dans cette zone où la transparence financière au sein des entreprises reste sujette à caution, les banques, les établissements de microfinance et même les tontines sont encore très prisés pour la recherche des capitaux.

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One comment

  1. what makes a stock market is industrial production.without it ,the accumulation of capital is simply impossible.this bring us to the conclution that the article above is a joke because a strong industry has not yet been build.all effort must be focused there first.it is just like the otherjoke called real estate often projected by some diasporans like productive investment.but in reality it is not ,real estate is where money is placed on a long term basis because the returns are slow and low.