Electricité : annoncé depuis 5 ans, le barrage de Memvé’élé devrait enfin tourner à plein régime en octobre 2022

Investir au Cameroun | Attendue en mars 2022 (après de nombreux reports déjà enregistrés entre 2017 et 2020), puis à nouveau reportée à mai de l’année courante, la fin des travaux de construction de la ligne de transport d’électricité entre Nyabizan (région du Sud) et Yaoundé (Centre), qui permettra d’évacuer l’énergie produite par le barrage de Memvé’élé (211 MW), est finalement annoncée pour ce mois de septembre 2022. C’est du moins ce que rapporte Cameroon Tribune, le quotidien à capitaux publics, citant Electricity Development Corporation (EDC), l’entreprise de patrimoine du secteur de l’électricité.

À en croire la même source, cette fin des travaux sur les ouvrages d’évacuation d’énergie permettra au barrage de Mem’vélé, dont les travaux sont achevés depuis 7 ans, d’injecter 150 MW dans le réseau interconnecté Sud (RIS), qui permet d’alimenter en énergie électrique six régions sur les 10 que compte le Cameroun. Mais, apprend-on, cette infrastructure énergétique ne pourra tourner à plein régime qu’à la fin du mois d’octobre 2022, au terme des derniers réglages.

Mais la production de cette centrale hydroélectrique atteindra difficilement les 211 MW de capacités installées. En cause, le faible débit du fleuve Ntem doublé aux variations de l’hydrologie. L’on a, par exemple, observé une baisse drastique de la production de Memve’ele qui est passée de 90 MW disponibles 24h/24 durant toute la période la Coupe d’Afrique des nations de football (entre janvier et février 2022) à une puissance de 30 MW seulement en soirée (entre 18h et 22h) et à 0 MW en dehors de ces heures, quelques jours après. Pour résoudre le problème, la construction d’un barrage-réservoir est déjà envisagée.

Des économies possibles

Néanmoins, si à cette énième date annoncée par EDC, le barrage de Memvé’élé est complètement mis sous tension, l’offre énergétique du pays s’en trouvera améliorer. Avec en prime des économies substantielles pour le secteur de l’électricité. En effet, Eneo, le concessionnaire du service public de l’électricité, est souvent obligé de mettre à contribution des centrales thermiques gloutonnes en combustibles, pour pallier le déficit de production des barrages hydroélectriques du pays.

D’ailleurs, sous la pression à la fois du déficit énergétique et du coût des combustibles permettant de faire tourner les centrales thermiques du pays, le gouvernement avait dû mettre le barrage de Memvé’élé sous tension partielle dès le 14 avril 2019, pour une production maximale de 90 MW jusqu’à nos jours. Conséquence immédiate de cette mesure, souligne la Société nationale des hydrocarbures (SNH) dans le bilan de ses activités de l’année 2019, les livraisons de gaz à la centrale à gaz de Kribi avaient diminué de 15,6% par rapport à l’année 2018.

Investissement d’un montant de près de 450 milliards de FCFA, l’aménagement hydroélectrique de Memvé’élé est cité dans un rapport de la Banque mondiale, comme étant l’un de ces projets camerounais, dont les coûts sont deux à six fois supérieurs à ceux de projets similaires, réalisés dans les pays ayant le même niveau de développement que le Cameroun. À l’origine des surcoûts ainsi mis à l’index par la Banque mondiale, l’institution de Bretton Woods cite, entre autres éléments, le rallongement des délais de livraison des chantiers, qui entraîne la mobilisation prolongée des engins et autres personnels sur les sites des travaux, avec les implications financières y afférentes.

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