Révélations sur le pacte migratoire confidentiel entre l’administration Trump et Yaoundé

CamerounOnline.ORG | Une enquête exclusive du New York Times révèle les dessous d’un « troc diplomatique » entre Washington et Yaoundé. L’administration Trump aurait utilisé des pressions financières et un silence stratégique pour inciter le gouvernement camerounais à accepter des centaines de migrants dont les États-Unis ne voulaient plus.

Des fonds et des faveurs politiques

Selon des documents confidentiels du Département d’État consultés par The Times, l’administration Trump a orchestré une stratégie de levier en deux étapes pour garantir cet accord :

  1. Le gel de l’aide humanitaire : Les États-Unis ont retenu le versement de 30 millions de dollars destinés au bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Cameroun. Ce n’est que le 12 janvier dernier, deux jours avant le premier vol d’expulsion, que les fonds ont été débloqués.

  2. Un silence diplomatique calculé : Alors que le régime du président Paul Biya faisait face à des critiques internationales pour la répression post-électorale et les violences contre des manifestants, l’administration Trump a choisi de ne faire aucune déclaration publique. Selon les diplomates américains, ce mutisme a servi de monnaie d’échange pour faciliter les négociations sur les expulsions.

Des migrants utilisés comme monnaie d’échange

Il est important de noter que les personnes expulsées vers le Cameroun ne sont pas des citoyens camerounais. Il s’agit de migrants d’autres nationalités ayant fui la guerre ou les persécutions. Protégés par la justice américaine contre un renvoi dans leur pays d’origine, ils ont été envoyés à Yaoundé dans le cadre d’un accord de « pays tiers ».

Le rapport décrit des conditions humaines alarmantes :

  • Transferts forcés : Des témoins décrivent des déportés menottés et enchaînés, ignorant souvent leur destination finale jusqu’à l’atterrissage.

  • Incertitude totale : Actuellement détenus dans un centre à Yaoundé, ces migrants ont été informés par des officiels locaux qu’ils seraient finalement renvoyés vers leurs pays d’origine, malgré les risques encourus.

Un accord qualifié de « chantage »

Si l’administration Trump voit dans ces accords une méthode efficace pour gérer les flux migratoires, les réactions à Yaoundé ont été initialement hostiles. Un haut responsable camerounais a confié au New York Times que le gouvernement avait d’abord perçu cette pression comme un « chantage », avant de céder dans l’espoir que Washington extrade en retour des dissidents camerounais vivant aux États-Unis.

Pour les avocats des expulsés, la situation est sans équivoque : ils dénoncent une pratique consistant à « vendre des êtres humains » pour des gains politiques et financiers. Alors que l’administration Trump cherche à reproduire ce modèle avec des dizaines d’autres pays, cette affaire soulève de graves questions sur l’éthique de la diplomatie américaine en Afrique.

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