CamerounOnline.ORG | Le Parlement camerounais, réuni en congrès à Yaoundé, s’apprête à marquer l’histoire du pays. Un projet de loi de révision constitutionnelle, actuellement en discussion, pourrait transformer en profondeur l’organisation du pouvoir exécutif et, surtout, le mécanisme de succession à la tête de l’État.
Ce qu’il faut retenir du projet de loi
L’innovation majeure de ce texte est la création d’un poste de vice-président de la République.
Voici les points essentiels à comprendre :
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Mode de désignation : Contrairement à d’autres systèmes, le vice-président serait nommé par le chef de l’État, tout comme le Premier ministre.
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Succession constitutionnelle : En cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif du Président, c’est désormais le vice-président qui achèverait le mandat en cours.
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Changement de paradigme : Actuellement, c’est le président du Sénat qui assure l’intérim en cas de vacance du pouvoir.
Un climat politique sous tension
Si Théodore Datouo, le président de l’Assemblée nationale, évoque un « moment historique » et appelle au patriotisme des élus, les réformes ne font pas l’unanimité.
L’opposition camerounaise voit d’un mauvais œil cette redistribution des cartes. Elle dénonce une stratégie visant à verrouiller la succession et à maintenir le contrôle sur le calendrier électoral. En parallèle, des discussions sur la prolongation du mandat des conseillers municipaux alimentent également les critiques de « confiscation du pouvoir ».
Quel avenir pour le Cameroun ?
Avec la majorité écrasante du parti au pouvoir (RDPC) dans les deux chambres, l’adoption de ce texte semble quasi certaine. Ce changement reconfigure totalement le schéma politique camerounais à l’approche des prochaines échéances électorales.
S’agit-il d’une modernisation nécessaire pour assurer la stabilité du pays, ou d’une manœuvre politique pour préparer l’après-Paul Biya ? Le débat reste ouvert.
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