PARIS — CamerounOnline.ORG | Issa Tchiroma Bakary, figure de l’opposition camerounaise et leader du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), a officiellement déposé une plainte auprès de la justice française contre l’administration du président Paul Biya. Cette action judiciaire fait suite aux vives tensions politiques qui ont succédé à l’élection présidentielle contestée d’octobre 2025.
L’ancien ministre, qui vit actuellement en exil en Gambie, a choisi de porter l’affaire devant les juridictions françaises. La plainte vise la gestion par le gouvernement camerounais des manifestations post-électorales. Elle dénonce notamment des violations des droits de l’homme et un usage excessif de la force par les forces de sécurité lors des rassemblements qui ont suivi la proclamation de la réélection de Paul Biya, âgé de 93 ans.
Le gouvernement camerounais a fermement rejeté ces accusations. Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) et ministre du Travail, a qualifié cette plainte d’initiative illégitime visant à contester un processus démocratique pourtant validé par les institutions.
Les origines du contentieux électoral
Cette action en justice s’enracine dans les divergences majeures concernant l’issue du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025.
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Les revendications de l’opposition : Au lendemain du vote, Issa Tchiroma Bakary avait publiquement revendiqué la victoire, affirmant que les compilations internes de son parti lui attribuaient la majorité des suffrages.
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Les résultats officiels : Le Conseil constitutionnel du Cameroun a proclamé le président Paul Biya vainqueur, prolongeant ainsi son mandat à la tête de l’État.
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Les contestations post-électorales : L’annonce des résultats officiels a déclenché des vagues de manifestations, en particulier dans les centres urbains et la région de l’Extrême-Nord. Selon plusieurs organisations indépendantes de défense des droits de l’homme, la répression de ces mouvements a fait des dizaines de victimes et entraîné de nombreuses interpellations, contraignant le leader de l’FSNC à s’exiler en Gambie.
Les arguments des deux parties
Pour la défense d’Issa Tchiroma Bakary, le recours aux tribunaux français s’explique par la volonté d’obtenir un examen indépendant des violences post-électorales, les conseils juridiques du plaignant estimant que l’appareil judiciaire camerounais ne présente pas les garanties d’impartialité nécessaires vis-à-vis du pouvoir exécutif.
En réplique, Grégoire Owona a défendu la régularité du scrutin et la légitimité des institutions de l’État. Le ministre a rappelé que le Conseil constitutionnel demeure la seule autorité légale habilitée à proclamer les résultats au Cameroun. Il a également soutenu que l’opposition n’avait pas été en mesure de produire les procès-verbaux des bureaux de vote pour étayer ses allégations de fraude, qualifiant la démarche parisienne de manœuvre politique destinée à attirer l’attention de la communauté internationale.
Un contexte institutionnel sous surveillance
Ce bras de fer juridique se déroule dans un climat de transitions institutionnelles au Cameroun. Suite aux révisions constitutionnelles adoptées en avril 2026, qui ont notamment instauré un poste de vice-président pour encadrer la succession à la tête de l’État, la situation politique du pays continue de faire l’objet d’un suivi attentif de la part des observateurs internationaux.
L’initiative d’Issa Tchiroma Bakary illustre la stratégie de certains mouvements d’opposition consistant à solliciter des leviers juridiques externes, tandis que le gouvernement de Yaoundé y voit une ingérence et une atteinte à la souveraineté nationale du Cameroun.
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